Le numéro 2 du géant des casinos Las Vegas Sands, Michael Leven, a reconnu avant-hier que le manque de financement pourrait être une raison d'abandon du programme, lors d'une visite en Espagne pour évaluer les différents sites possibles dans les deux villes.
Signe d'hésitation, il avait annoncé, la veille, que la décision définitive, attendue au printemps, était reportée. Elle devrait tomber « d'ici au 1r septembre », a-t-il dit.
Tapis rouge
Le projet, baptisé Eurovegas, d'un investissement qui pourrait atteindre 15 milliards d'euros, fait rêver élus et entreprises en quête de création d'emplois dans un pays en récession, étouffé par un chômage touchant un actif sur quatre. Ils lui ont déroulé le tapis rouge à Barcelone comme à Madrid, où il a été reçu avant-hier par la présidente de la région, Esperanza Aguirre, entourée de représentants de grands groupes espagnols comme FCC, OHL (construction), Inditex (Zara), la compagnie aérienne Iberia et la banque Santander. Le célèbre cuisinier catalan Ferran Adria a lui pesé pour Barcelone en assurant qu'il collaborerait au projet si la ville était retenue.
Au total, il est prévu la construction, sur dix à quinze ans, de quatre complexes comprenant douze hôtels, soit 36 000 chambres, neuf théâtres, trois terrains de golf, des salles de congrès autour des casinos. Il pourrait créer « jusqu'à 250 000 emplois », a affirmé Michael Leven.
La première phase, la plus chère, comprendrait 12 000 chambres, quatre immeubles et l'infrastructure nécessaire pour environ 6,8 milliards d'euros. Elle « pourrait créer 150 000 emplois » directs et indirects, dit-il, rappelant que le groupe a ouvert avec succès des complexes de ce type à Singapour ou Macao.
Mais voilà, Las Vegas Sands s'engage à fournir 35 % des fonds de cette première phase et vise un retour sur investissement de 20 %. Reste à trouver 65 %. Michael Leven a indiqué que le groupe avait eu des discussions avec « trente banques dont des établissements espagnols ».w