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Kofi Annan « horrifié », Hollande veut accroître la pression

Publié le 29/05/2012 à 00h00

Le médiateur international Kofi Annan, arrivé hier en Syrie, s'est dit « horrifié » par le massacre de Houla (centre) qui a mis encore un peu plus en péril son plan de paix et conduit le Conseil de sécurité à condamner Damas. François Hollande veut accroître la pression sur le régime.

Kofi Annan « horrifié », Hollande veut accroître la pression
Le médiateur international Kofi Annan, arrivé hier en Syrie, s'est dit « horrifié » par le massacre de Houla (centre) qui a mis encore un peu plus en péril son plan de paix et conduit le Conseil de sécurité à condamner Damas. François Hollande veut accroître la pression sur le régime.



Dès son arrivée à Damas, Kofi Annan s'est déclaré « choqué et horrifié par les événements tragiques d'il y a deux jours », en référence au massacre perpétré à Houla où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont péri vendredi, selon l'ONU. « C'était un acte répugnant, aux conséquences profondes », a-t-il ajouté. Kofi Annan doit rencontrer le président Bachar al-Assad, le général Robert Mood, chef des observateurs en Syrie, ainsi que des représentants de l'opposition et de la société civile. Le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem l'a reçu avec le général Mood hier en fin d'après-midi. Cette visite en Syrie, la deuxième de Kofi Annan depuis sa désignation comme émissaire il y a trois mois, intervient alors que le cessez-le-feu instauré le 12 avril dans le cadre de son plan est plus que jamais ignoré.


« L'ONU nous tue »
Des manifestations massives se sont déroulées pour le troisième jour consécutif pour dénoncer le massacre de Houla. À Habite, dans la province d'Idleb (nord-ouest), une banderole proclamait « L'ONU nous tue », témoignant de la colère grandissante des militants contre la communauté internationale accusée d'inaction. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les autorités pour l'attaque à Houla, dénonçant dans une déclaration adoptée à l'unanimité « des bombardements par les chars et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel ». Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes et qu'il retire ses forces des villes, conformément au plan Annan.

Accroître la pression sur Assad
Les 15 pays membres ont réaffirmé leur soutien aux efforts de l'émissaire et l'ont chargé de transmettre « dans les termes les plus clairs » leurs exigences au gouvernement syrien. La Russie, alliée de Damas, s'est jointe à ses 14 partenaires, avant d'estimer que les « deux parties », régime et rebelles, étaient impliquées dans le massacre, arguant de la présence de blessures à bout portant en plus des tirs d'artillerie.
Le Président François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont convenu d'« accroître la pression » sur Bachar al-Assad et confirmé la prochaine tenue à Paris de la troisième conférence des « Amis du peuple syrien ». « Le massacre de Houla et les événements de ces derniers jours en Syrie et au Liban illustrent, une fois de plus, le danger des agissements du régime de Bachar Al-Assad pour le peuple syrien », écrit l'Élysée dans un communiqué. « La folie meurtrière du régime de Damas représente une menace pour la sécurité régionale et ses responsables devront répondre de leurs actes », écrit encore l'Élysée.
La question syrienne sera également au menu des discussions entre François Hollande et Vladimir Poutine, lors d'une rencontre vendredi à l'Élysée.
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Nord Éclair