« L'accident de Tchernobyl (en 1986) avait marqué les esprits par l'ampleur de la catastrophe, mais cela a moins touché le public international que celui de Fukushima parce que l'Ukraine n'était pas un pays aussi industrialisé, moderne et démocratique que ne l'est le Japon », a souligné hier Éric Besson à Tokyo.
Le ministre de l'Industrie s'exprimait lors d'un point de presse à Tokyo, de retour d'une visite rapide du complexe atomique du nord-est ravagé par le tsunami du 11 mars dernier. « Il est certain que nos opinions publiques exigeront désormais et de façon légitime les plus hauts standards de sûreté », a-t-il indiqué.
Et d'assurer : « Nous tous, Français, Européens, à l'échelle internationale, nous tirons aussi les leçons de l'accident de Fukushima ».
« On va de façon évidente vers plus de vigilance, avec des coopérations internationales renforcées, des échanges sur la gestion des crises, le lancement dans plusieurs de nos pays d'unités d'action rapide en cas d'accident et comme, le souhaite et promeut la France, vers la création d'une force internationale d'intervention susceptible d'être mobilisée en cas de d'accident comme cela aurait pu être le cas pour Fukushima ».
Arrivé lundi au Japon, Éric Besson a rencontré son homologue nippon, Yukio Edano, ainsi que le ministre de l'Environnement, Goshi Hosono.
Il a ouvert le même jour un « dialogue franco-japonais sur la politique énergétique » et mis en place un « comité bilatéral sur l'énergie nucléaire », cénacle qui étudiera toutes les coopérations possibles dans ce domaine entre les deux pays.
« On va parler ensemble de la filière dans son intégralité, de la construction des centrales, du combustible nucléaire ou encore du retraitement des déchets, en passant bien sûr par les moyens à mettre en oeuvre pour le démantèlement de Fukushima », opération prévue sur 40 ans, a précisé le ministre.
À cet égard, Éric Besson a rappelé que la France restait à la disposition des autorités japonaises pour examiner toutes les demandes que formulerait la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) ou le gouvernement, sans se prononcer sur ce qui serait accepté ou non.w