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RUSSIE

Oui et non à Vladimir Poutine

Beaucoup de fonctionnaires ont été poussés à défiler pour Poutine. Beaucoup de fonctionnaires ont été poussés à défiler pour Poutine.

Des dizaines de milliers de Russes, partisans et opposants de l'homme fort du pays, se sont rassemblés à Moscou hier, défiant un froid glacial pour le premier jour de la campagne électorale de la présidentielle du 4 mars.




Ils étaient 140 000, selon la police. Les partisans du Premier ministre, Vladimir Poutine, ont défilé hier à Moscou par -17°C. « Chaos non, Poutine oui », clamaient notamment les affiches des manifestants dont une grande partie a été amenée dans des bus appartenant à des sociétés publiques, a indiqué l'agence officielle Interfax.
Selon de nombreux témoignages diffusés sur Internet, des fonctionnaires et des employés du secteur public ont même été forcés par leur direction à participer au défilé. Vladimir Poutine a reconnu de telles pressions, tout en estimant qu'il s'agissait de faits isolés. « Réunir 134 000 à 190 000 personnes sur les seules ressources (de l'État), ce n'est pas possible », a-t-il déclaré.



« Pur style soviétique »
Mais de nombreux analystes jugent que la mobilisation pro-Poutine a été largement artificielle. « Tout cela a été fait dans le plus pur style soviétique, ça semble anachronique. Les autorités ont fait preuve de myopie car cela pourrait renforcer les sentiments anti-Poutine des gens qui ont été forcés à sortir dans le froid », note Nikolaï Petrov, du Centre Carnegie de Moscou.
De son côté, la marche anti-Poutine a rassemblé entre 36 000 et 120 000 personnes, selon les sources (police ou organisateurs).
« Poutine démission », « Nous voulons des élections honnêtes », « Nous n'aurons pas froid », clamaient les banderoles des contestataires. « Le 4 mars (date de l'élection présidentielle dont le favori est Poutine, ndlr), la vie ne s'arrêtera pas, elle commencera. Peut-être que nos adversaires comprendront que lorsque ça commence pour nous, ça se terminera pour eux ! » a prévenu, devant la foule, Grigori Iavlinski, fondateur du parti Iabloko dont la candidature à la présidentielle a été rejetée.
L'appel à manifester était un test crucial pour la coalition disparate d'opposants politiques et de personnalités de la culture ou des médias (1) . Un test réussi, selon les analystes. « Le plus important est que les attentes du Kremlin ne se sont pas réalisées, à savoir qu'à cause du froid, le mouvement s'effilocherait, estime Nikolaï Petrov. La protestation va se renforcer après l'élection. »w (1) Les opposants ont également mobilisé leurs partisans dans une vingtaine de villes du pays, dont Saint-Pétersbourg (environ 6 000 personnes, selon l'AFP).


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