Désunion aux Nations unies
Publié le dimanche 05 février 2012 à 06h00
Manifestation près de Homs, vendredi, avant le bombardement. «Si vous ne nous aidez pas, nous serons tués»est-il écrit sur cette pancarte. Ph. AFP
Hier, la Russie et la Chine ont opposé leur veto, au Conseil de sécurité de l'Onu, à un projet de résolution présenté par les Occidentaux et des pays arabes qui condamne la répression sanglante en Syrie. Cette position a déclenché une vague de protestations sans précédent.
Deux contre treize. Hier, Moscou et Pékin se sont opposés à un projet de résolution sur la Syrie adopté par les autres membres du Conseil de sécurité de l'Onu. Le texte exprimait « le soutien sans réserve » du Conseil au plan de la Ligue arabe pour parvenir à une transition démocratique en Syrie et dénonçait les « violations flagrantes et généralisées » des droits de l'Homme commises par le régime de Bachar al-Assad (6 000 morts en dix mois).
Le veto russo-chinois a été critiqué par plusieurs capitales d'autant plus violemment qu'il intervenait quelques heures après le bombardement de Homs (lire ci-contre). L'ambassadeur français à l'Onu, Gérard Araud, a ainsi déploré « un triste jour pour ce Conseil, pour les Syriens et pour les amis de la démocratie », accusant Moscou et Pékin d'être « complices de la politique de répression de Damas » et affirmant que « l'Histoire (les) jugera sévèrement » . Pour Alain Juppé (Affaires étrangères), « c'est une lourde responsabilité parce que cela paralyse bien sûr la communauté internationale ». Nicolas Sarkozy a averti de son côté que « la France ne se résign(ait) pas » et qu'elle allait « se concerter avec ses partenaires (pour) créer un Groupe des amis du peuple syrien ».
« Protéger un tyran »
Par la voix de son ambassadrice, les États-Unis se sont dits « écoeurés par ce veto qui nous empêche de traiter une crise de plus en plus grave en Syrie ». Susan Rice a également a accusé la Chine et la Russie « d'abandonner le peuple syrien et de protéger un tyran ». Un avis partagé par la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton : pour elle, le veto russo-chinois revient « à endosser la responsabilité des horreurs qui se produisent en Syrie ».
« Sans une action commune, je crains que la fin de partie ne soit la guerre civile », a-t-elle ajouté.
Manque de « souplesse »
Ce double veto « amoindrit le rôle de l'Onu », a estimé pour sa part le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Selon son porte-parole, « cette intransigeance est d'autant plus scandaleuse qu'un de ces membres (la Russie) continue de livrer des armes à Assad ».
Le Russe Valeri Tchourkine a défendu le veto de son pays en expliquant que le projet « appelait à un changement de régime (et ) adressait un message déséquilibré aux (deux) parties », le gouvernement d'Assad et l'opposition. Il a accusé les Occidentaux d'avoir manqué de « souplesse » et fait valoir que le ministre russe des Affaires étrangères , Serguei Lavrov, se rendrait ce mardi à Damas.
Le chinois Li Baodong a fait valoir de son côté que la résolution n'aurait pas aidé au dialogue politique en Syrie.w


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