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ENVIRONNEMENT

Les idées vertes de l'Europe

Convaincue de « l'urgence climatique », l'Europe a fait de l'environnement l'une de ses priorités. Et ses députés sont en première ligne pour fixer le cap d'une « révolution verte ».



THÉO DUBREUIL > france.monde@nordeclair.fr
« C'est sous l'impulsion de l'Europe que Paris a découvert la politique de l'environnement. » Ce constat d'un diplomate français en dit long sur le parcours réalisé depuis les années 1970 par son pays où il a fallu du temps avant que ne s'impose un vrai ministère de l'Environnement. L'Union européenne, dès le départ, ne se fait pas que des amis : elle s'attaque aux chasseurs dont elle veut réglementer l'activité pour enrayer la disparition de certaines espèces. Ou encore aux pêcheurs dont elle veut limiter les prises de poissons.
« Finalement, aujourd'hui, 70 % de la législation française en matière d'environnement découlent de l'UE », précise le diplomate.


L'eau, l'air, le bruit, les produits chimiques, les normes énergétiques des bâtiments, les biocarburants : rien n'échappe à la Commission à l'origine de nombreuses propositions. Et aux députés européens dont les pouvoirs, dans ce domaine, sont aussi importants que ceux des États membres.
Dernier coup d'éclat, l'adoption du règlement Reach sur le contrôle des produits chimiques (infographie ci-dessus). C'est « l'une des pièces les plus importantes » de ces cinq dernières années, se targue le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas. Signe de l'ampleur du dispositif destiné à protéger les consommateurs des molécules les plus dangereuses : après deux ans, la pilule ne passe toujours pas du côté du lobby industriel qui demande sa remise en cause. « Reach coûte trop cher », tonne Philippe de Buck, de Business Europe, l'équivalent du Medef. Il réclame une révision du texte qui, selon lui, fait perdre plusieurs centaines de millions d'euros à l'industrie européenne en l'obligeant à enregistrer 30 000 substances et à trouver rapidement une alternative pour les plus toxiques.

Rendez-vous à Copenhague
Les députés européens ont également fait parler d'eux sur les pesticides (en imposant une utilisation plus parcimonieuse) et sur le recyclage des déchets (d'ici à 2020, 50 % du papier, du métal et du verre devront être recyclés). Les pays qui traînent les pieds seront menacés de poursuites devant la Cour européenne de justice.
Et l'UE ne compte pas s'arrêter en chemin, tentant même de convaincre d'autres pays de lui emboîter le pas. « L'Europe n'est qu'une petite partie du problème et nos émissions de gaz à effet de serre ne représentent que 14 % du niveau planétaires », indiquait Stavros Dimas dans une lettre adressée au président américain Barack Obama, au lendemain de son élection. Son objectif : ne pas faire de l'Europe un modèle isolé de propreté au détriment de son économie, notamment en fragilisant ses constructeurs automobiles obligés de « verdir » leurs modèles.
Rendez-vous est pris en décembre à Copenhague pour une négociation internationale sur l'après-Kyoto. L'UE compte y défendre son engagement de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Elle est même prête à aller au-delà (jusqu'à 30 %) en cas d'accord international. Mais pour cela, « il faut un soutien complet et actif des États-Unis », affirme Stavros Dimas. Ses services font la fine bouche, pour le moment, devant les premiers engagements dévoilés par l'administration Obama.


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