Vous êtes ici : Accueil > France-Monde > Monde

REPORTAGE : Lalibela, nouvelle Jérusalem

Dans ces églises construites au XII siècle, sous le règne du roi Lalibela, on entre pieds nus. Photo : Aurélie Jobard. Dans ces églises construites au XII siècle, sous le règne du roi Lalibela, on entre pieds nus. Photo : Aurélie Jobard.

Ils viennent de toute l'Éthiopie pour se recueillir dans les églises de Lalibela. Pendant une semaine cette ville située dans les hauts plateaux prend un autre visage. La dévotion des pèlerins orthodoxes offre un spectacle mystique. AURÉLIE JOBARD > aurelie.jobard@nordeclair.fr


Il fait encore nuit. Pourtant, à Lalibela, village situé dans les hauts plateaux d'Éthiopie, les rues sont loin d'être désertes.

4 heures 30. Les cierges portés par les pèlerins orthodoxes tracent le chemin qui conduit à l'église de Béta Mariam. Il y a foule. Ils sont des milliers venus de tout le pays, à pied, pour célébrer Noël, le 7 janvier, selon le calendrier éthiopien. Ils resteront une semaine.

Vêtus de capes blanches, ils tiennent d'une main leur crosse où se dessine la croix de Lalibela rendant hommage à l'ancien roi. De l'autre, une bible écrite parfois en langue Guèze. Une langue qui est à l'amharique, langue actuelle de l'Éthiopie, ce que le latin est au français.

En prière, ils se recueillent, assis ou debout puis tentent de se frayer un chemin pour être au plus près des centaines de prêtres qui défileront et danseront tout au long de cette cérémonie autour de cette église creusée dans la roche volcanique. La ferveur est grande. Impressionnante. La dévotion des pèlerins offre un spectacle mystique.

« Pour tous ces pèlerins, venir ici ou à Jérusalem, cela équivaut à la même chose. Ils économisent pendant un an pour pouvoir se rendre à Lalibela. Pour eux, ils sont autant récompensés par Dieu », précise Belay, un jeune Éthiopien de 20 ans.

Pour rien au monde, il ne raterait ce moment. Tous les habitants l'attendent chaque année avec impatience. La ville change de visage passant de 25 à 50000 personnes. Alors il faut s'organiser pour pouvoir recevoir tous ces pèlerins mais aussi ces touristes, américains, jamaïcains, chaque année toujours plus nombreux. « Lalibela est en train d'exploser. Les pèlerins qui viennent tous les ans disent que la ville a changé. Un nouvel aéroport a même été construit. »

Berceau de l'humanité

Les cérémonies profitent aux locaux. L'impact, Belay le raconte. Il sait de quoi il parle.

Lui a choisi de guider les touristes dans les douze églises de la ville séparées par les eaux du Jourdain. Un travail qui lui permet de gagner un peu d'argent et d'en faire profiter toute sa famille.

D'autres passent même un concours pour pouvoir avoir leur droit de surveiller les chaussures des visiteurs. Et gare aux fraudeurs. Les autorités, bien que discrètes, demandent parfois les cartes officielles.

Dans ces églises construites au XII siècle, sous le règne du roi Lalibela, on entre pieds nus. Certaines sont fermées aux femmes. Des tapis jonchent le sol mais difficile en cette période de pèlerinage d'y voir la couleur tellement ces lieux sacrés sont bondés.

Puis, le rite veut que l'on embrasse la croix orthodoxe tendue par un prêtre. Ses cheveux sont cachés par un foulard blanc et sa cape bleue, rouge ou verte, l'enveloppe, pieusement. Certains gardent jour et nuit les trésors, manuscrits, icônes, saint sacrement, que comptent ces églises érigées par le roi et ses anges. La légende dit qu'ils l'assistaient la nuit expliquant ainsi la rapidité des constructions.

Au travers de ce roi, les Éthiopiens vénèrent Dieu.« Il lui aurait tout dit sur la vie », assure le jeune croyant Belay. Voilà ce qui a fait de Lalibela, la nouvelle Jérusalem.

Dans l'église de Béta Mariam des tentures aux inscriptions guèzes annonce même le futur du monde. Mais ses lectures sont réservées aux initiés. On dit que si d'autres personnes s'en approchaient la fin du monde ne serait pas loin.

L'Éthiopie resterait malgré tout le berceau de l'humanité. Elle qui possède un autre trésor au musée national d'Addis Abeba : les ossements de Lucy.



Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Cannes 2012 "Cannes 2012"

Cinéma

Resnais et Kiarostami, l'un plaît, l'autre pas Resnais et Kiarostami, l'un plaît, l'autre pas

«Vous n'avez encore rien vu », annonçait l'un. « Comme quelqu'un d'amoureux », annonçait l'autre. Deux habitués de la sélection, et deux films on ne peut plus différents sur la même journée de Festival, voilà en tout cas ce qu'Alain Resnais et Abbas Kiarostami ont offert à Cannes.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.00/4

Les autres sorties

«On laisse un peu de place aux autres»

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...