France

Les Français de Tunis entre prudence, inquiétude et ténacité

Publié le 22/09/2012 à 00h00

« C'est de la prudence, pas de la peur ». Comme ce chef d'entreprise, certains Français de Tunis n'ont pas laissé sortir leurs enfants hier, jour de la grande prière, après la publication de caricatures de Mahomet en France.

Les Français de Tunis entre prudence, inquiétude et ténacité
« C'est de la prudence, pas de la peur ». Comme ce chef d'entreprise, certains Français de Tunis n'ont pas laissé sortir leurs enfants hier, jour de la grande prière, après la publication de caricatures de Mahomet en France.



« Les écoles françaises sont fermées, c'est une consigne de sécurité claire les concernant, l'ambassade ressemble à une forteresse, mais personne ne m'a dit que nous pouvions être visés, alors la vie continue », affirme cet homme qui préfère garder l'anonymat. Car si ses quatre enfants sont consignés dans leur villa, ce chef d'entreprise, installé en Tunisie depuis huit ans, assure que sa société travaille normalement.
La Tunisie compte quelque 30 000 citoyens et 1 200 entreprises français, employant quelque 115 000 personnes.



« Dans l'expectative »
Didier Duranton, chef d'un atelier textile et représentant de l'Union des Français de l'étranger, note que les enfants « ont été un peu choqués de voir des blindés devant l'école fermée ». Mais « le fait d'avoir vu sortir l'armée nous a donné du courage. D'autres ont cédé à la peur », raconte-t-il, disant qu'un couple d'amis s'est dépêché de retourner à Lyon.
« Au bureau, on ne change pas nos habitudes (...) les employés ne sont pas politisés, fanatisés, on se rassure », souligne M. Duranton. « Ce n'est pas la peur panique mais il y a une inquiétude certaine. On est dans l'expectative de ce qui va se passer », poursuit-il, s'interrogeant sur une éventuelle « dérive salafiste qui va perturber notre vie ici et nous amènerait à quitter ce pays ».
Olga Marie Occhipanti, 69 ans et qui a passé le plus clair de sa vie en Tunisie, martèle qu'elle ne se laisse pas impressionner. « Je n'ai pas peur de ces intégristes qui veulent nous empoisonner la vie et ils ne vont pas m'empêcher de sortir ou de changer mes habitudes », lance-t-elle, avec défi. « La Tunisie a été toujours ouverte et elle le sera et ce n'est pas une poignée de bandits qui vont imposer leur loi », poursuit cette femme, épouse d'un Tunisien.
Emboîtant le pas aux Français, l'ambassade de Grande-Bretagne et les services consulaires allemands ont annoncé leur fermeture hier. De son côté, le chef du parti islamiste au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi, affirmait hier que les salafistes jihadistes sont un « danger » et que les autorités doivent « serrer la vis ».
Hier, le Pakistan a été le principal foyer de mobilisation contre le film américain anti-islam, recencant 17 morts et plus de 200 blessés lors de manifestations.w Lire aussi en page 6.

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