France

La corrida ne quittera pas les arènes de France

Publié le 22/09/2012 à 00h00

N'en déplaise aux défenseurs des animaux, la corrida restera dans les arènes de France. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel qui a rejeté le recours d'associations militant contre la tauromachie.

La corrida ne quittera pas les arènes de France
N'en déplaise aux défenseurs des animaux, la corrida restera dans les arènes de France. Ainsi en a décidé le Conseil constitutionnel qui a rejeté le recours d'associations militant contre la tauromachie.



Tout en s'attendant à une telle décision, les anti-corrida ont immédiatement dénoncé « une dictature tauromachique » influencée par les « pressions politiques » du gouvernement et exprimé leur écoe urement. « On constate que le Conseil n'a pas l'indépendance que l'on nous a annoncée », a déclaré Jean-Pierre Guarrigues, vice-président du Comité radicalement anti-corrida (Crac) Europe, à l'origine du recours avec l'association Droits des animaux (DDA).
« Les pressions politiques ont été énormes. Le gouvernement Ayrault a défendu la corrida. Valls (Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, ndlr) a déclamé son amour pour la corrida, annonçant qu'il bloquerait les actions des anti-corrida. Est-on vraiment en démocratie ? » a-t-il ajouté.


La Fondation Brigitte-Bardot a déploré elle aussi que le gouvernement soit « intervenu dans le débat pour influencer des Sages ».
Sa patronne s'est déclarée « désespérée », traitant les Sages de « lâches ».
Une trentaine de manifestants anti-corrida se sont rassemblés dans l'après-midi devant le Conseil constitutionnel « pour faire entendre la voix des taureaux ».

Épuiser tous les recours
Le directeur des arènes de Nîmes, Simon Casas, s'est en revanche réjoui à l'instar de celui des arènes d'Arles, Luc Jalabert, de la « sagesse » du Conseil constitutionnel. Pour M. Casas, « la corrida c'est un art » et « les anti-corrida mènent un combat stérile ».
Le critère de « tradition locale ininterrompue », inscrit dans le code pénal pour les exceptions aux sanctions pour cruauté contre les animaux, est « précis, objectif et rationnel », a-t-on commenté au Conseil constitutionnel, en relevant que ces exceptions s'appliquent aux régions de tradition taurine, mais aussi, par exemple, aux combats de coqs aux Antilles.
« Ces pratiques traditionnelles ainsi autorisées ne portent pas atteinte à des droits constitutionnels protégés », a estimé la haute juridiction présidée par Jean-Louis Debré. Au législateur de changer la loi s'il le souhaite.
Le Crac Europe avait annoncé qu'en cas de « défaite » il entendait épuiser tous les recours internes et saisir, si nécessaire, la Cour européenne des droits de l'Homme. Il compte aussi sur les réseaux sociaux et la pression de l'opinion publique pour porter le combat au sein de l'Assemblée nationale par le dépôt d'une nouvelle proposition de loi pour l'abolition de la corrida.w

Nord Éclair