Ces dessins « choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués en lisant un journal qu'ils ne lisent jamais » , a estimé le directeur de l'hebdomadaire, Charb, interrogé par iTélé, moins d'un an après la destruction criminelle des locaux du journal suite à une Une représentant Mahomet et jugée injurieuse par des extrémistes.
« Je n'appelle pas les musulmans rigoristes à lire Charlie Hebdo, comme je n'irais pas dans une mosquée pour écouter des discours qui contreviennent à ce que je crois, a encore dit Charb. Si on reçoit des insultes, c'est parce que Charlie Hebdo est sorti du contexte "kiosque" et qu'il a été montré sur internet et qu'il touche un public plus large que d'habitude. » Il a estimé que les dessins publiés en page intérieure et en dernière page du journal ne sont pas plus provocants que d'habitude.
L'une de ces caricatures montre Mahomet dénudé, dans une parodie d'une scène du film Le Mépris de Jean-Luc Godard où Michel Piccoli admire la chute de reins de Brigitte Bardot.
Le directeur de Charlie Hebdo s'est défendu de toute volonté de provocation : « Si on commence à se dire, parce qu'il y a 250 excités qui manifestent devant l'ambassade des États-Unis, qu'il faut différer ou ne pas publier des dessins, ça veut dire que ce sont eux qui font la loi en France », a encore dit Charb.
« Ne pas jeter d'huile
sur le feu »
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a « dans le contexte actuel » affirmé sa « désapprobation face à tout excès » tout en rappelant la liberté d'expression « dans le cadre de la loi » . Il a appelé à « l'esprit de responsabilité de chacun ».
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a appelé « à ne pas verser de l'huile sur le feu », tandis que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, interrogé au Caire, s'est dit « contre toute provocation », tout en rappelant l'importance de la liberté d'expression. Le Conseil français du culte musulman, organe représentatif des différents courants musulmans en France, a condamné « avec la plus grande vigueur ce nouvel acte islamophobe qui vise à offenser délibérément les sentiments des Musulmans ». « Profondément attaché à la liberté d'expression », le CFCM « lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation ».w