Il a fait le rapprochement avec la crise libyenne, où la France avait pris la tête du front anti-Kadhafi.
Le mutisme de Nicolas Sarkozy aura été de courte durée. Dans un communiqué commun publié mardi soir, l'ex-président français et Abdel Basset Sayda, président du Conseil national syrien - la principale coalition de l'opposition - disent avoir évoqué « pendant près de 40 minutes » la situation dans le pays. Les deux hommes appellent à « une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres ». Surtout, ils évoquent « de grandes similitudes avec la crise libyenne », dans laquelle la France avait été le fer de lance de l'opération internationale conduisant à la chute de Kadhafi.
L' UMP, qui ne cesse de critiquer le manque d'envergure de l'action diplomatique française, a aussitôt repris la balle au bond. « Hollande ne peut pas faire moins que Sarkozy : la France doit intervenir militairement pour faire cesser les massacres en Syrie » , écrit le secrétaire national Philippe Juvin. « La diplomatie française semble en vacances aujourd'hui, (...) et je me réjouis que Nicolas Sarkozy ait pris le temps d'écouter cet homme », s'est réjoui l'écrivain-philosophe Bernard-Henri Levy, qui s'était engagé auprès des rebelles libyens.
Aide médicale d'urgence
Toutefois, dans la soirée, Matignon a rappelé qu'une aide médicale d'urgence pour les victimes des combats en Syrie allait être envoyée jeudi et samedi.
C'est à gauche que la critique à la sortie de Sarkozy a été la plus sévère. Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a jugé « inopportune et inélégante » la sortie de Sarkozy, alors qu'à ses yeux la France est « à l'avant-garde du soutien à la révolution syrienne ».
Martine Aubry a qualifié d'« irresponsables » ses déclarations, estimant que « notre pays devrait être uni pour soutenir l'action » française.w