HEDWIGE HORNOY > hedwige.hornoy@nordeclair.fr
À la barre du tribunal correctionnel de Lille, hier, Patrick S. a du mal à comprendre et à répondre aux questions de la présidente, Anne-Marie Farjot. « Étiez-vous dans le parc de Houplines jeudi après-midi ? » Le prévenu balbutie un « non » , avant de dire qu'il buvait sa bière près des jeux pour enfants. Dans le parc donc. « Avez-vous vu la petite fille dont on parle ce jour-là ? » Il hausse les épaules, jette un oeil hagard autour de lui, avant de marmonner que « non » il n'a pas vu d'enfants, et clame qu'il n'a « rien touché ». On le soupçonne pourtant d'avoir, ce jeudi après-midi, agressé sexuellement une fillette de 5 ans et demi.
Elle était allée jouer au parc avec son frère et un copain. Le père explique dans sa déposition qu'il les a vus revenir en courant à la maison et que la petite s'est tout de suite enfermée dans les toilettes. « Elle ne pleurait pas, mais elle a expliqué qu'un monsieur en gris lui avait soulevé la jupe, avait baissé sa culotte et l'avait soulevée du sol pour regarder. » Le père s'empresse de déposer plainte. Plus tard, tandis que la fillette est emmenée sur les lieux pour aider à comprendre les faits, elle se confie à une policière qui la met en confiance. Elle explique qu'elle a emprunté un chemin à l'entrée du parc, pendant que les deux garçons jouaient, plus loin, et qu'elle est tombée sur « Patrick, qui buvait, assis sur un banc ». Elle raconte à l'agent de police avoir « senti une grande main attraper (sa) main ». S'ajoutent des détails à sa première déposition. « Il m'a attaché les mains avec une ficelle blanche », « il m'a donné un coup de marteau sur le pied. » À la défense, Me Lefebvre fait remarquer que « l'examen médical ne correspond nullement avec le discours de cette petite » . Le médecin n'a constaté aucune lésion sur les poignets de la fillette. Ni de traces de coups sur le pied. Il note aussi que le frère de la victime et son camarade, qui étaient sur les lieux, n'ont pas pu confirmer la présence du prévenu. Il insiste enfin sur le profil de son client.
Jusqu'ici inconnu de la justice, déclaré frustre par l'expert psychiatre, « proche de la débilité profonde au sens médical du terme » et « peu accessible à une sanction pénale du fait qu'il ne comprend pas les motifs de son interpellation ». Autant d'éléments qui poussent Me Lefebvre à plaider la relaxe.
Le tribunal estime toutefois avoir suffisamment d'éléments pour reconnaître Patrick S. coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamne à une peine de six mois de prison, assorti du sursis avec mise à l'épreuve. Il a désormais l'interdiction de fréquenter le parc d'Houplines.w