L'espoir est enfin permis, trente ans après l'apparition du sida. « Pour la première fois , nous pensons pouvoir déclarer que nous sommes au début de la fin de la pandémie du sida », affirme le D r Diane Havlir, professeure de médecine à l'université de Californie (États-Unis) et co-présidente de la conférence AIDS 2012 qui se tient du 22 au 27 juillet à Washington (lire ci-contre).
Cet optimisme est partagé par le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) : « Nous commençons à réaliser qu'il est possible de réellement agir sur l'infection et de changer la trajectoire de la pandémie », explique ce virologue américain à la pointe de la lutte contre le sida depuis vingt-cinq ans, estimant que « renverser la tendance de la pandémie pour parvenir à une génération libérée du sida » sera l'un des thèmes de conférence internationale.
« Nous disposons
d'un arsenal assez important »
« Nous disposons de traitements efficaces (des antirétroviraux ou ARV, ndlr) pour contrôler le virus, permettant aux sujets infectés, qui doivent les prendre indéfiniment, de rester relativement en bonne santé », rappelle le chercheur. Mais au-delà, ce sont les résultats d'essais cliniques publiés récemment et montrant l'efficacité de ces ARV pour prévenir le risque d'infection chez des sujets séronégatifs qui laissent penser « qu'il est possible de fortement accélérer la diminution de nouvelles infections ».
« Nous disposons d'un arsenal assez important de traitements à notre disposition, ajoute le Dr Gottfried Hirnschall, responsable de la lutte contre la pandémie à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est possible de vraiment faire des progrès pour intensifier la réponse et même commencer à envisager l'élimination de nouvelles infections. » Et l'expert de rappeler que les 26 ARV disponibles actuellement sont moins toxiques, plus efficaces et moins susceptibles de déclencher une résistance du virus que les précédentes générations.
Mais avec le rythme actuel de baisse du taux d'infections - 1,5 % par an en moyenne depuis dix ans dans le monde -, la fin de la pandémie de sida reste un objectif très éloigné dans le futur, concède le Dr Fauci. « On ne parle pas ici de guérison (car) on ne sait même pas encore si nous pourrons y parvenir, prévient le virologue. Il y a encore un long chemin à parcourir avant de parvenir à un vaccin. »
« De très bons indices
pour les futures recherches »
Mais le Dr Anthony Fauci se dit cependant encouragé par « les bons progrès réalisés » dans la recherche d'un vaccin lors de l'essai clinique mené en Thaïlande en 2009 et qui, pour la première fois, a montré une efficacité modeste mais significative, qu'il qualifie de « percée ». L'analyse des données produites par cette étude a permis « d'identifier des corrélations avec une immunité qui constitueront de très bons indices pour les futures recherches », selon lui.
Quant au potentiel des rares personnes dont l'organisme est capable de neutraliser le VIH (le virus d'immunodéficience, responsable du sida, ndlr), le spécialiste américain se montre prudent et précise que cela « pourrait peut-être aider pour un vaccin (mais) pas pour trouver un moyen de guérir » le sida.w