France

Automobile : pourquoi PSA va-t-il si mal ?

Publié le 07/07/2012 à 00h00

Morosité européenne et arrêt des activités en Iran ont contribué au fort recul des ventes mondiales de PSA Peugeot Citroën au premier semestre, accentuant la pression sur le constructeur automobile qui devrait annoncer de nouvelles mesures d'économies. Le groupe automobile dément toutefois avoir demandé un prêt à l'État.

Automobile : pourquoi PSA va-t-il si mal ?
Morosité européenne et arrêt des activités en Iran ont contribué au fort recul des ventes mondiales de PSA Peugeot Citroën au premier semestre, accentuant la pression sur le constructeur automobile qui devrait annoncer de nouvelles mesures d'économies. Le groupe automobile dément toutefois avoir demandé un prêt à l'État.



PSA Peugeot Citroën a écoulé en tout 1,62 million de véhicules, montés ou en kit, dans le monde au premier semestre, selon un communiqué publié hier. Le premier constructeur automobile français a ainsi vendu 10,7 % de véhicules montés de moins que l'an dernier, du fait essentiellement d'une mauvaise performance en Europe.
« Les marchés traditionnellement les plus porteurs pour les marques Peugeot et Citroën (France, Espagne, Italie) sont en crise profonde », rappelle PSA. Résultat, ses ventes de voitures particulières et de véhicules utilitaires ont chuté de 18 % sur le Vieux C ontinent (980 000). Ses deux marques ont souffert dans des proportions similaires. Il a perdu des parts de marché : de 13,9 % au premier semestre 2011, quand les effets de la prime à la casse se faisaient encore sentir, à 12,9 %. Le deuxième groupe européen, loin derrière l'allemand Volkswagen, n'a pas pu compenser complètement ce recul ailleurs.


L'autre coup dur a été l'arrêt de ses activités au premier semestre en Iran, l'un de ses gros marchés. Les ventes totales d'éléments détachés ont dégringolé de 31,3 %. PSA a déjà pris une série de mesures d'économies pour faire face à la situation mais le président de son directoire, Philippe Varin, a averti récemment que « des mesures complémentaires seront nécessaires ».

Rendez-vous les 12 et 25 juillet
Le groupe pourrait en dire plus lors de deux comités d'entreprise extraordinaires prévus les 12 et 25 juillet. Les syndicats s'attendent à l'annonce de la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) qui emploie 3 000 CDI et 300 intérimaires, mais aussi une coupe claire d'un millier de salariés à Rennes (Ille-et-Vilaine). Les équipes de recherche et développement ne devraient pas être épargnées.
Le constructeur a démenti en revanche avoir demandé un prêt à l'État. « Le groupe PSA et Philippe Varin n'ont pas demandé de prêt à l'État », a déclaré un porte-parole, contredisant des déclarations d'un élu socialiste d'Ille-et-Vilaine au site Latribune.fr. « Philippe Varin demande un prêt. Si l'État engage de l'argent public, il doit inscrire son engagement dans les comptes de l'entreprise », affirmait Philippe Bonnin, maire de Chartres de Bretagne, où se trouve le site de PSA. M. Bonnin se dit favorable à un prêt contre une participation de l'État au capital, comme c'est le cas avec Renault.w

Nord Éclair