France

La hausse du SMIC sera « raisonnable »

Publié le 23/06/2012 à 00h00

Attendu mardi, le « coup de pouce » au Smic promis par François Hollande sera « raisonnable » et n'a pas été arrêté, a répété Matignon hier en réponse à des informations sur une hausse de 2 %, tempérant ainsi les espoirs des syndicats.

La hausse du SMIC sera « raisonnable »
Attendu mardi, le « coup de pouce » au Smic promis par François Hollande sera « raisonnable » et n'a pas été arrêté, a répété Matignon hier en réponse à des informations sur une hausse de 2 %, tempérant ainsi les espoirs des syndicats.



« Une concertation est en cours », « les arbitrages ne sont pas rendus », a assuré hier la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, alors que le journal Les Échos avance l'hypothèse d'une hausse de 2 %. Selon le quotidien, cette augmentation serait « en grande partie un à-valoir » sur la revalorisation annuelle automatique prévue au 1e janvier 2013.
Le principe de ce « plus » exceptionnel, dont le montant sera dévoilé mardi, est de « rattraper ce qui n'a pas été accordé » durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avait promis François Hollande. Le dernier « coup de pouce » remonte à 2006 (+ 0,3 %). Il viendra s'ajouter à la hausse du Smic, intervenue le 1 e janvier comme chaque année et calculée notamment sur l'évolution des prix comme le veut la loi. Entre novembre 2011 et mai 2012, l'inflation a atteint 1,4 %. Selon une des organisations consultées un arbitrage à « 2,5 % » était la dernière hypothèse évoquée.



« Coup de pouce » limité
Le gouvernement ne cesse depuis plusieurs semaines de prévenir que ce « coup de pouce » sera limité, pour préserver la compétitivité des entreprises. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé que la hausse serait inférieure à 5 %. Une hausse d'1 % représente une augmentation mensuelle de 11 euros nets pour un plein temps. Environ un salarié sur dix est payé au salaire minimum (9,22 euros de l'heure, soit 1 398,37 euros bruts pour 35 heures). Pour la CGT, une hausse de 2 % « serait un geste trop modeste ». « On s'attend toujours à l'annonce d'un chiffre situé entre 4 et 5 % », déclare Paul Fourier, dont le syndicat réclame de 300 euros nets de plus par mois pour un temps plein.
« Les bruits qui courent ne sont jamais anodins », estime de son côté Marie-Alice Medeuf-Andrieu, de FO.
« On a le sentiment qu'on est en train de nous servir la soupe, en nous disant "la rigueur s'impose, on ne peut pas faire plus " », dit-elle.
Le syndicat de Jean-Claude Mailly réclame une progression du Smic sur cinq ans de plus de 200 euros. FO redoute que les salariés ne soient « déçus » si ce « coup de pouce » ne devait être qu'une avance sur la hausse obligatoire. Cela signifierait en effet que la hausse légale du 1e janvier 2013 ne prendrait en compte l'inflation qu'entre mai et novembre 2012, et serait donc faible.w

Nord Éclair