L'affaire des restes humains découverts il y a deux semaines dans le bois de Vincennes pourrait être en passe d'être résolue. Deux Chinois ont avoué, samedi soir, au 36, quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne et de la criminelle, le double meurtre d'individus de même nationalité dont ils gardaient l'enfant.
Les deux suspects, placés en garde à vue, affirment qu'un différend sur la disparition de cet enfant, décédé dans des conditions apparemment accidentelles, « a dégénéré » en dispute. Ils auraient alors tué les parents de l'enfant et découpé les corps. À l'origine du différend, le choix des deux Chinois de dissimuler aux parents la mort de leur enfant dont ils avaient placé le corps dans un sac poubelle. Un événement initial dont le déroulé « reste à affiner » , annoncent prudemment les sources policières.
C'est sur l'indication des deux suspects qu'un second tronc humain a été découvert dimanche soir dans le bois de Vincennes. Selon les toutes premières constatations, le premier tronc pourrait être celui de la femme et le second celui de l'homme.
L'enquête avait été ouverte le 7 juin dernier après que deux joggeuses ont découvert dans le bois de Vincennes une jambe « sans vêtement et coupée à la cheville », en état de décomposition. Un premier torse humain coupé au niveau des jambes et de la tête a ensuite été retrouvé vendredi par un chien d'aveugle non loin de là, également en état de décomposition, laissant les enquêteurs de la brigade criminelle « perplexes » et « sans le début de début d'une piste ».
L'identification des corps s'était révélée quasi impossible mais la criminelle a cependant établi que les restes humains découverts étaient ceux d'une femme et ceux d'un homme. La découverte des restes humains au bois de Vincennes avait provoqué une stupeur d'autant plus grande qu'elle survenait au moment du passage en France du « dépeceur » canadien Luka Rocco Magnotta.
« Remords »
La garde à vue des deux suspects se poursuivait hier matin. Selon des sources proches de l'enquête, le couple aurait décidé d'avouer après avoir consulté un avocat qui lui aurait fortement conseillé de se rendre. Il s'était enfui en Chine peu après les faits avant de revenir, « pris de remords », selon les mêmes sources.
Les recherches continuaient hier après-midi dans le bois de Vincennes, la police scientifique, aidée d'une brigade cynophile, joignant ses efforts à ceux de la police judiciaire.w