Le rituel est le même pour tout le monde, petits nouveaux ou habitués de l'Assemblée nationale. Les députés qui se sont croisés hier dans les couloirs du Palais-Bourbon passent tous par la tente dressée à l'entrée de la Cour d'honneur avant de se rendre au deuxième sous-sol où les « dossiers d'accueil », bien empilés et classés par nom, les attendent.
Certains nouveaux députés sont un peu perdus : Sébastien Pietrasanta (PS) va « aux finances ».
Pour quoi faire ? « Je ne sais pas », répond-il. Seybah Dagoma, elle, a droit à un tour du propriétaire, guidée par Bruno Le Roux, favori pour prendre la tête du groupe socialiste. Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, savoure pour sa part ses « 61 % », « du jamais-vu » dans sa circonscription du Lot-et-Garonne.
Pendant ce temps, François Fillon fait son entrée, sans piper mot. Thierry Mariani, député UMP d'une vaste circonscription des Français de l'étranger couvrant toute l'Asie, pavoise pour sa part en taquinant une collègue PS : « J'ai 37 % de la planète ! »
Mathieu Hanotin, 33 ans, visage poupon, nouvel élu PS en Seine-Saint-Denis, est lui entouré par Jean-Marie Le Guen (Paris) et par son voisin de circonscription, Claude Bartolone, alors que non loin de là, Élisabeth Guigou, députée du même département, vient d'afficher sa « disponibilité » pour le perchoir (lire ci-contre).
Écharpe tricolore,
cocarde et « baromètre »
L'ex-ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo, réélu dans le Nord, traverse lui la salle des Quatre Colonnes téléphone à l'oreille, en habitué des lieux : il entame son cinquième mandat. En habitué aussi, le socialiste Jean Glavany, quelques minutes après l'annonce officielle de sa candidature pour le « perchoir », vient opportunément saluer Daniel Vaillant qui répond aux télévisions.
Après avoir récupéré sa mallette - en fait, une valise à roulettes qui contient le règlement de l'Assemblée, une écharpe tricolore, une cocarde tricolore pour sa voiture et le « baromètre », l'insigne officiel à accrocher à la boutonnière -, chaque député va poser pour son portrait officiel. La file d'attente s'étire et François Sauvadet, ancien ministre centriste qui sacrifie à l'exercice pour la cinquième fois, s'impatiente. Sur le « perchoir », Julie Sommaruga, nouvelle élue PS des Hauts-de-Seine, découvre, elle, le coeur de l'Assemblée, accompagnée par un huissier.
Toutes ces nouvelles têtes donnent lieu à un peu de confusion. Bruno Le Roux croise l'UMP Isabelle Vasseur et lui lance aussitôt, en bon collègue : « Félicitations ! » « Bah non, j'ai perdu ! » répond-elle, laconique.w