France

Gendarmes abattues : un suspect avoue

Publié le 19/06/2012 à 00h00

L'homme placé en garde à vue après la mort de deux femmes gendarmes, dimanche soir à Collobrières, a reconnu, hier, être l'auteur des coups de feu. Un simple vol de sac à main semble être à l'origine de ce drame sans précédent dans l'histoire de la gendarmerie.

Gendarmes abattues : un suspect avoue
L'homme placé en garde à vue après la mort de deux femmes gendarmes, dimanche soir à Collobrières, a reconnu, hier, être l'auteur des coups de feu. Un simple vol de sac à main semble être à l'origine de ce drame sans précédent dans l'histoire de la gendarmerie.



« C'est une tragédie (...) À travers ce drame, c'est la République qui est atteinte », a estimé hier le président de la République, François Hollande, en réaction aux meurtres de deux femmes gendarmes dimanche soir à Collobrières, dans le Var (lire notre édition d'hier). En visite sur place, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a annoncé peu après un hommage de la Nation « dans les jours qui viennent » .
Ces déclarations sont survenues alors que l'homme âgé de 30 ans placé en garde à vue à la suite des faits a reconnu, hier en fin d'après-midi, être l'auteur des coups de feu qui ont tué l'adjudant Alicia Champlon et le maréchal des logis-chef Audrey Berthaut, mère de deux filles de 5 et 13 ans. C'est la première fois dans l'histoire de la gendarmerie que deux femmes gendarmes sont tuées dans une même opération.


En poste à Pierrefeu (Var), les deux militaires étaient intervenues dimanche soir, peu avant 23 h, pour régler un différend survenu après un vol de sac à main. Selon les premiers éléments de l'enquête confiée aux gendarmes de la section de recherches de Marseille, le suspect - un colosse d'1,80 m déjà connu de la justice - aurait tiré à deux reprises sur Audrey Berthaut avant de poursuivre sa collègue et de tirer six balles dans sa direction. Pour commettre son crime, il s'est emparé de l'arme de service de sa première victime à l'issue d'une rixe. Il a ensuite subtilisé l'arme de la seconde et s'est débarrassé des deux plus tard.

« Meurtre » et « assassinat »
Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Toulon, a considéré le premier crime comme « un meurtre » tandis qu'il a retenu, pour le second, « une volonté de donner la mort par préméditation, donc l'assassinat ». « Le suspect n'a pas expliqué les raisons précises qui l'ont poussé » à agir, a-t-il précisé.
Condamné à plusieurs reprises depuis 2000 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et vols, le meurtrier présumé était sorti de prison en septembre dernier après six ans d'incarcération. L'homme, qui voulait redémarrer sa vie à zéro, habitait depuis peu Collobrières, un village de 2 000 habitants enclavé dans le massif des Maures où réside sa tante. Mais ses résolutions semblent avoir été de courte durée. Il a en effet été condamné la semaine dernière à six mois avec sursis pour violences sur sa mère. « Il devient fou quand il boit... Qu'ils l'amènent dans un hôpital psychiatrique, il est malade, il est malade », a témoigné celle-ci.
Les enquêteurs examinent également d'autres cambriolages perpétrés dimanche pour déterminer si le suspect pourrait en être l'auteur.

« État alcoolisé »
Placé en garde à vue dans le Var, le suspect se trouvait « dans un état alcoolisé » lors de son arrestation dimanche, vers 3 h du matin, sur un parking non loin du lieu du crime. Son taux d'alcoolémie, qui s'élevait à 0,23 mg par litre d'air, peut être estimé au double au moment des faits. D'autres analyses toxicologiques doivent être menées. Reste enfin à déterminer le rôle de sa compagne d'une vingtaine d'années qu'il connaissait de fraîche date. La jeune femme a également été placée en garde à vue.w

Nord Éclair