Une promesse moins chère que prévu... L'équipe de campagne de François Hollande estimait que le retour à la retraite à 60 ans pour ceux et celles ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant cotisé 41 ou 41,5 ans coûterait 5 milliards d'euros par an à la fin du quinquennat. Elle a vu trop large, ce qu'a confirmé le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici , dimanche.
Après avoir fait tourner les ordinateurs, notamment ceux du Trésor, le gouvernement - qui dévoilera aujourd'hui un décret sur le retour à la retraite à 60 ans pour certains salariés - a examiné les catégories à avantager en priorité pour profiter de ce bonus imprévu. Les syndicats consultés la semaine dernière par la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, ont beaucoup insisté pour que soient prises en compte les périodes de chômage qui ne sont retenues, dans le dispositif « carrières longues », qu'au titre de « trimestres validés » mais non pas « cotisés » c'est-à-dire travaillées.
Défavorisées
Mais le gouvernement semble vouloir avantager en priorité les femmes qui, pour cause de maternité, ont dû interrompre leur carrière ou se contenter de travail partiel. « A priori, dans les périodes qui devraient être prises en considération pour ce départ possible à la retraite à 60 ans (...) seront comptabilisées les périodes de maternité, a indiqué Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, lundi.
Toute la question est de savoir sur quelle durée exactement, et là, ça fera l'objet d'une concertation puis d'une décision de Marisol Touraine et du Premier ministre. »
Dans le dispositif « carrières longues », les femmes peuvent faire valoir quatre trimestres au titre de la maternité et/ou de la maladie. Mais les hommes peuvent faire valoir le même nombre au titre des arrêts maladie et bénéficient aussi de quatre trimestres supplémentaires s'ils ont accompli leur service militaire. Les femmes aux carrières longues sont donc défavorisées dans le cadre de ce dispositif alors qu'elles bénéficient de plus de droits une fois qu'elles ont atteint l'âge légal de la retraite (huit trimestres par enfant élevé).
Le Laboratoire de l'égalité, une association fondée en 2010 pendant le débat sur la réforme des retraites, avait dénoncé en vain son caractère injuste vis-à-vis des femmes. Cette fois, l'association s'est félicitée de l'écoute de l'équipe de Marisol Touraine. « J'ai sollicité un rendez-vous et nous avons partagé un certain nombre de constats », a expliqué sa secrétaire générale, Olga Trostiansky, qui entend bien peser dans les futurs débats quand seront discutés d'autres aspects de la retraite, à partir de l'été prochain.
Selon l'Insee, la retraite moyenne mensuelle des femmes était en 2008 de 1 102 E, soit 31 % de moins que celle des hommes (1 588 E).
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