France

C'est le gouvernement de la parité

Publié le 17/05/2012 à 00h00

Parité inédite, avec 17 femmes sur 34 membres, effectif plutôt large, baisse des salaires pour les ministres... Détail des spécificités du gouvernement de Jean-Marc Ayrault dévoilé hier.

C'est le gouvernement de la parité
Parité inédite, avec 17 femmes sur 34 membres, effectif plutôt large, baisse des salaires pour les ministres... Détail des spécificités du gouvernement de Jean-Marc Ayrault dévoilé hier.



MAGALIE GHU (AVEC AFP) > magalie.ghu@nordeclair.fr
Un gouvernement fourni autour de 15 pôles. Il ne devait initialement compter que 30 ministres. Avec 34 ministres et ministres délégués, ce gouvernement est finalement plus fourni que celui de François Fillon, qui comptait 31 membres, secrétaires d'État compris . Cette fois, le gouvernement compte 15 pôles pour 18 ministres et 16 ministres délégués.


La parité. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est le premier en France à être composé de manière totalement paritaire entre hommes et femmes : il comprend 34 membres, dont 17 femmes.
Cette parité avait été promise par le président François Hollande durant la campagne électorale.
Le réseau Osez le féminisme ! a même salué sa parité, tout en déplorant qu'une seule femme ait obtenu un ministère régalien, Christiane Taubira à la Justice.
À noter également, la recréation d'un ministère du droit des femmes attribuée à Najat Vallaud-Belkacem, également porte-parole du gouvernement. Auparavant, Valéry Giscard d'Estaing avait certes créé un secrétariat d'État à la condition féminine, confié à Françoise Giroud en 1974. Mais c'est François Mitterrand qui instaure un ministère entièrement dédié aux droits des femmes, qui ne sera ensuite jamais été rétabli en tant que tel.
Des dénominations inédites. « Redressement productif », « Éducation populaire » ou encore « Réussite éducative »... : l'annonce de la composition du gouvernement Ayrault a réservé quelques surprises avec des dénominations inédites pour les ministères. Ainsi, l'écologiste Cécile Duflot va devoir, en plus du portefeuille du Logement, veiller à « l'Égalité des territoires ». Le socialiste Arnaud Montebourg a lui été nommé ministre du Redressement productif. Sa collègue aux Sports, Valérie Fourneyron, sera également en charge de l'Éducation populaire.
Parmi les ministres délégués, George Pau-Langevin est chargée de la Réussite éducative tandis que le maire de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier, s'occupera de l'Économie maritime. Dans le passé, d'autres dénominations de ministères ont fait couler beaucoup d'encre, comme en 2007, celui de l'Identité nationale. En mars 2000, sous le gouvernement Jospin, Michel Duffour (PCF) avait été chargé de la Décentralisation culturelle. Sous Alain Juppé, Xavier Emmanuelli avait hérité, en 1995, de l'Action humanitaire d'urgence. De 1988 à 1989, Gérard Renon avait été secrétaire d'État « chargé de la Prévention des risques technologiques et naturels majeurs ». Sous Pierre Mauroy, en 1981, le socialiste André Henry avait été ministre du... Temps libre.
Législatives. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé hier que les ministres qui seraient battus aux élections législatives de juin ne pourraient « pas rester au gouvernement ». « Il y a l'esprit de responsabilité, c'est-à-dire que tout ministre qui se présente aux élections législatives et qui ne sera pas élu ne pourra pas rester au gouvernement », a-t-il déclaré.
Nicolas Sarkozy avait fait de même en 2007, obligeant Alain Juppé battu aux législatives de juin à quitter le gouvernement, après un éphémère passage dans un super ministère de l'Écologie et du Développement durable.
Il a aussi affirmé son engagement « qu'il n'y aurait pas de cumul des mandats ».
Ainsi, le Premier ministre lui-même et 29 autres ministres ou ministres délégués vont devoir abandonner leur mandat en cours.
Des ministres moins payés. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a indiqué qu'il allait proposer, comme promis par François Hollande, la baisse de 30 % du salaire des membres du gouvernement, ainsi qu'une « charte de déontologie », aujourd'hui, lors du premier Conseil des ministres du quinquennat. Ainsi, les ministres gagneront 9 396 E mensuels contre 13 423 E précédemment. Le Premier ministre recevra, quant à lui, la somme de 14 836 E contre 21 194 E avant la baisse de 30 %. À noter que le salaire du Président est le même que celui du chef du gouvernement.w Lire en pages 2 et 3 les raisons qui ont poussé Martine Aubry à refuser de rentrer au gouvernement.

Nord Éclair