France

Nicolas Sarkozy : retour vers le futur ?

Publié le 14/04/2012 à 00h00

En enfilant de nouveau ses habits de candidat, le Président sortant est parvenu à remonter une cote de popularité en berne depuis près de cinq ans.

Nicolas Sarkozy : retour vers le futur ?
En enfilant de nouveau ses habits de candidat, le Président sortant est parvenu à remonter une cote de popularité en berne depuis près de cinq ans.



Suffisamment pour avoir une chance de l'emporter ?
MARTIN LEPRINCE > france.monde@nordeclair.fr


Ce dimanche, Nicolas Sarkozy donne un grand meeting place de la Concorde à Paris, lieu où il avait prononcé son discours de victoire le soir de son élection de 2007. Ce soir-là, le nouvel élu lançait à la foule qui l'acclamait : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas ».
Un quinquennat plus tard, malgré les drapeaux et les applaudissements, il est probable que la ferveur des supporters du candidat UMP apparaisse un brin artificielle. Les cinq années passées ont certes été marquées par le dynamisme du locataire de l'Élysée, mais aussi par les renoncements politiques, l'aggravation de l'état des finances publiques et la détérioration de la situation de l'emploi. Malgré l'« excuse » de la crise et les légères remontées de plusieurs indicateurs économiques, le mandat présidentiel n'a pas été celui qu'espéraient une grande majorité de ses électeurs. En tant que chef d'État, Nicolas Sarkozy battait des records d'impopularité et était promis à une cuisante défaite au prochain scrutin. Puis, il est redevenu candidat.

Appels du pied
À une semaine du premier tour, le président sortant a réussi une improbable remontée. À travers une campagne durant laquelle se sont succédé, quasi quotidiennement, des « coups » de communication très bien huilés, il a démontré que, contrairement à la fonction présidentielle, il ne décevait jamais dans le rôle du candidat. S'appuyant sur une posture de gouvernant responsable propre à protéger les citoyens face aux conséquences de la crise, en opposition à un François Hollande qu'il accuse de conduire la France vers une situation proche de celle de l'Espagne ou de la Grèce ; sortant de son chapeau des mesures facilitant la vie quotidienne, comme le paiement des retraites le premier du mois ou le passage d'une partie du permis de conduire au lycée ; répondant aux attaques de ses adversaires avec une virulence très éloignée de l'attitude habituelle d'un chef d'État.
Malgré une baisse dans les dernières enquêtes, selon les sondages Nicolas Sarkozy fait globalement jeu égal avec François Hollande au premier tour mais reste largement dépassé au second. Mathématiquement, pour espérer l'emporter, le candidat UMP doit réaliser le maximum de reports de voix, aussi bien des électeurs de Marine Le Pen que de ceux de François Bayrou. Les postures très droitières prises depuis le début de la campagne sur l'immigration et la sécurité étaient autant de signes en direction de l'extrême droite. Ces derniers temps, Nicolas Sarkozy multiplie aussi les appels du pied à l'intention du MoDem, notamment en faisant référence à « l'unité nationale », jeudi soir lors de l'émission « Des paroles et des actes », ou en laissant le soin à des ténors de l'UMP de flatter François Bayrou, tel Alain Juppé évoquant l'hypothèse d'une nomination à Matignon.
Au second tour, Nicolas Sarkozy se retrouvera probablement face à François Hollande qui devra, lui aussi, donner des gages sur sa droite et sur sa gauche.
Une nouvelle campagne commencera alors.w

Nord Éclair