France

Un meurtrier au centre de toutes les discussions

Publié le 08/04/2012 à 00h00

De l'inquiétude, mais pas de psychose : les quatre meurtres perpétrés dans l'Essonne en un peu plus de quatre mois hantaient tous les esprits, hier matin, au marché de Juvisy-sur-Orge, commune où ont été abattues les deux premières victimes. Plusieurs centaines de policiers et gendarmes sont mobilisés pour rassurer la piopulation.

Un meurtrier au centre de toutes les discussions
De l'inquiétude, mais pas de psychose : les quatre meurtres perpétrés dans l'Essonne en un peu plus de quatre mois hantaient tous les esprits, hier matin, au marché de Juvisy-sur-Orge, commune où ont été abattues les deux premières victimes. Plusieurs centaines de policiers et gendarmes sont mobilisés pour rassurer la piopulation.



En apparence, rien ne perturbe l'activité du marché de Juvisy-sur-Orge, l'un des plus grands de l'Essonne. Mais, hier matin, les quatre meurtres commis dans le département depuis novembre étaient au coeur de toutes les discussions.
« Bien sûr, c'est inquiétant. Je n'entre pas dans la psychose mais c'est quand même dangereux », estime Mireille, une retraitée qui préfère taire son nom. « Vivement que la police prenne ses dispositions pour cela n'arrive plus », ajoute son fils. En attendant, faut-il changer ses habitudes ? « Sûrement pas ! C'est une personne (le meurtrier, ndlr) qui est professionnelle, ce n'est pas ici qu'elle va agir », tranche Ilona. Ces meurtres, « c'est surprenant à Juvisy : on imagine ça plutôt à Grigny, à Corbeil », deux villes proches connues pour leurs cités difficiles, estime la quinquagénaire.



« J'ai fait plus attention »
C'est pourtant dans cette commune au centre-ville cossu que Nathalie Davids, 35 ans, a été tuée le 27 novembre . Le 22 février, Jean-Yves Bonnerue, un père de famille de 52 ans habitant le même immeuble, subissait le même sort. Dans ces deux affaires, comme pour les meurtres de Ris-Orangis (Marcel Brunetto, 81 ans) et Grigny (Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans), le 17 mars et jeudi dernier, la même arme a été utilisée : un pistolet semi-automatique 7,65 mm, un calibre relativement répandu mais peu utilisé par la grande criminalité.
« Peut-être que la prochaine destination sera Athis-Mons », s'interroge Martine, la cinquantaine, qui vit dans cette ville voisine. À ses côtés, Pierre-André, son mari, reconnaît que « c'est préoccupant ».
« Je n'ai pas changé mes habitudes, mais hier (vendredi), je suis allé me promener dans un parc à Draveil et j'ai fait plus attention », explique-t-il.
Dans l'Essonne, la sécurité a été renforcée hier : plusieurs centaines de policiers et gendarmes sont mobilisés dans le cadre d'un « dispositif de surveillance dont l'objet principal est de contrôler les comportements suspects », selon le préfet, Michel Fuzeau, qui a également annoncé des « contrôles routiers et des contrôles d'identité » ainsi que « des interventions pour répondre aux alertes données par la population ».
Par ailleurs, une centaine d'enquêteurs de la PJ tentent d'élucider ces crimes et n'excluent aucune hypothèse, sauf la piste terroriste : tueur en série, tueur à gages agissant pour un commanditaire, « déséquilibré », un seul ou plusieurs meurtriers, complices éventuels...w

Nord Éclair