France

Les langues se délient

Publié le 01/04/2012 à 00h00

Hier, plusieurs dizaines de milliers de défenseurs des langues régionales ont manifesté dans de nombreuses villes de France pour réclamer de meilleures conditions d'enseignement ainsi que la ratification de la Charte européenne pour la sauvegarde des langues régionales que plusieurs candidats à l'Élysée ont promise.

Les langues se délient
Hier, plusieurs dizaines de milliers de défenseurs des langues régionales ont manifesté dans de nombreuses villes de France pour réclamer de meilleures conditions d'enseignement ainsi que la ratification de la Charte européenne pour la sauvegarde des langues régionales que plusieurs candidats à l'Élysée ont promise.



À Lille, ils n'étaient qu'une centaine à manifester, hier, au son du fifre et du tambour derrière une banderole « Notre flamand à l'école ». Mais ils étaient 20 000 à 30 000 à Toulouse pour défendre l'occitan, 8 000 à Quimper pour le breton, 5 800 à Perpignan pour le catalan, 4 600 à 7 000 à Bayonne pour le basque, un millier à Strasbourg pour l'alsacien et environ 300 à Ajaccio pour le corse.
Les manifestants répondaient à l'appel d'un collectif d'associations de défense des langues régionales et autochtones de France pour la défense de 75 idiomes minoritaires. Ils demandent notamment la ratification de la Charte européenne pour la sauvegarde des langues régionales, signée par la France en 1999.


Si la réforme de juillet 2008 a fait entrer dans l'article 75 de la Constitution l'appartenance des langues régionales « au patrimoine de la France », Nicolas Sarkozy a depuis douché les espoirs de ceux qui espéraient une ratification : « Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la Charte des langues régionales et minoritaires », a-t-il déclaré en février à Marseille, en réponse à son rival socialiste François Hollande, favorable à cette ratification comme François Bayrou (MoDem) ou Eva Joly (Europe Écologie-Les Verts), présente hier dans le cortège toulousain.

Égalité des citoyens
Les adversaires de la Charte brandissent comme arguments l'égalité des citoyens devant la loi et la reconnaissance de la langue française comme fondement de cette égalité, à l'exclusion de tout autre fondement particulier (ethnique, religieux, etc.). Ils redoutent aussi la reconnaissance de droits à s'exprimer dans une langue régionale, notamment dans la sphère publique.
« Nous ne sommes ni ennemis de la République ni des adeptes du folklore, répond le député socialiste alsacien Armand Jung. Mais notre pays a une langue officielle qui ne laisse aucune place aux langues locales. » À droite aussi, de nombreux élus, fiers de représenter leur culture régionale, se déclarent en faveur de la ratification. Comme le vice-président UMP de la Région Alsace Justin Vogel, qui en attend « des moyens financiers pour relancer et soutenir » les langues régionales, notamment dans l'enseignement.w

Nord Éclair