Sarkozy : ses mesures « choc » contre la crise
Publié le lundi 30 janvier 2012 à 06h00
Pendant un peu plus d'une heure, Nicolas Sarkozy a égrené hier soir les annonces de réformes.Photo AFP
Hier à la télévision, Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures contre le chômage. Idée-phare pour la compétitivité : faire financer des allégements de charges patronales par une hausse de la TVA et de la CSG.
« Je suis là comme chef de l'État pour rendre des comptes aux Français, leur expliquer où nous en sommes... » Hier soir, sur six chaînes de télévision, ce n'était pas comme candidat, mais comme président en exercice que Nicolas Sarkozy s'est lancé dans la bataille contre le chômage, à son plus haut niveau depuis douze ans (9,3 % au troisième trimestre). « La France se vide de son sang industriel, il faut arrêter ça, je veux qu'on garde nos usines », a-t-il notamment estimé, plaidant pour une défense de la compétitivité française.
Hausse de la TVA et de la CSG. Sans surprise, le président a annoncé à partir du 1er octobre une hausse du seul taux normal de TVA de 1,6 point, qui passera de 19,6 % à 21,2 %. Les taux réduits de TVA à 5,5 % et 7 % n'augmenteront pas, a-t-il assuré.
La CSG, elle, sera relevée de deux points, uniquement sur les revenus financiers. Cette augmentation des prélèvements doit financer un abaissement du coût du travail pour les entreprises, par la baisse des charges.
Baisse des charges patronales. Pour favoriser l'embauche, Nicolas Sarkozy compte sur les patrons : les entreprises seront totalement exonérées de charges patronales sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 fois le Smic. Ces allégements, ensuite dégressifs, s'arrêteront à 2,4 fois le Smic.
Davantage de jeunes apprentis. Nicolas Sarkozy a annoncé un relèvement à 5 % du quota de jeunes en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés, contre 4 % actuellement. Un texte, présenté le mois prochain, doublera les sanctions en cas de non-respect. « Les grandes entreprises ne s'ouvrent pas assez aux jeunes », a déclaré le chef de l'État.
Le taux de chômage des actifs de moins de 25 ans est supérieur à 20 % en France, selon l'Insee.
Création d'une banque de l'industrie. Le président a annoncé hier soir la création dès février, avec une dotation d' un milliard d'euros de fonds propres, d'« une banque de l'industrie », filiale d'Oséo, car « les banques ne prêtent pas assez ».
La fin des 35 heures ? En prônant des accords compétitivité-emploi (lire l'encadré ci-contre), le président a convenu qu'il souhaitait tourner la page des 35 heures. « Le Premier ministre écrira aux partenaires sociaux dès demain (aujourd'hui, ndlr) matin pour leur demander de négocier (...) dans les deux mois qui viennent » a-t-il précisé. L'idée : négocier dans chaque entreprise si l'on privilégie « l'emploi sur le salaire ou le salaire sur l'emploi ».


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