François Hollande, chiffres en main
Publié le jeudi 26 janvier 2012 à 06h00
Le candidat PS détaille ce matin le financement de son programme, qui paraît difficile à concilier avec les contraintes budgétaires.
De quoi contrarier sa course en tête ?
MARTIN LEPRINCE > france.monde@nordeclair.fr
François Hollande présente en fin de matinée son programme « chiffré » et en assurera le service après-vente ce soir, dans l'émission « Des paroles et des actes » sur France 2 où il débattra avec le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.
Les grandes lignes de ce projet ont déjà été esquissées lors de son meeting de dimanche au Bourget. Sur le plan économique : retour à l'équilibre des finances publiques d'ici 2017, création de 150 000 emplois d'avenir, 60 000 nouvelles embauches dans l'Éducation nationale, fin du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, réforme fiscale, création d'une banque publique d'investissements pour la réindustrialisation, séparation des activités de crédit et d'investissement des banques, aides importantes pour les PME, notation sociale des entreprises, large plan de construction de logements. Sur le plan sociétal : une part de proportionnelle pour les législatives, droit de vote pour les étrangers aux élections locales, droits au mariage et à l'adoption pour les homosexuels, inscription dans la constitution de la loi sur la séparation de l'Église et de l'État, suppression d'Hadopi.
Rassembler toute la gauche
et au-delà
Dans ce flot de mesures parfois contradictoires, François Hollande fixera aujourd'hui les priorités du calendrier et détaillera les financements.
C'est sur ce point qu'il est particulièrement attendu. Car si le candidat promet que « toute nouvelle dépense sera financée par des économies », sa stratégie pour revenir à l'équilibre tout en appliquant ses promesses ne paraît pas évidente compte tenu d'un budget structurellement déficitaire depuis presque 40 ans. L'Élysée pariait que François Hollande s'effondrerait autour de la mi-février, ce qui ne semble pas devoir être le cas.
Toujours largement en tête dans les sondages, il n'est guère inquiété par ses concurrents. Mais lorsque les projets chiffrés se retrouveront tous officialisés, le candidat socialiste devra trouver des arguments pour justifier qu'il prétende à la fois réduire les déficits et promettre de nouvelles dépenses. Coincé entre un François Bayrou dont la lutte contre la dette publique semble autrement plus ambitieuse et un Jean-Luc Mélenchon au projet clairement en rupture avec la logique financière, bénéficiera-t-il d'autant de mansuétude sur ses contradictions ?
L'adage veut que pour gagner une présidentielle, un candidat doit d'abord rassembler son propre parti. Contrairement à ses deux prédécesseurs, et malgré les difficultés qu'auraient pu provoquer les primaires, François Hollande a parfaitement réussi sur ce point. Contrairement à Lionel Jospin - qui avait pris ses distances avec le terme socialiste - et Ségolène Royal - qui ne faisait pas l'unanimité au sein du parti -, le candidat de 2012 semble ne faire qu'un avec le PS. Les deux étapes suivantes, rassembler toute la gauche puis au-delà, ne sont pas écrites d'avance. Sa prestation dimanche au Bourget a provoqué son lot de commentaires dithyrambiques dans les médias. Mais comme l'indique notre sondage, seules 15 % des personnes l'ont trouvé « tout à fait convaincant » et 41 % « plutôt convaincant ». Une nuance importante.
À l'exception très particulière du second tour de 2002 Chirac-Le Pen, jusqu'aujourd'hui tous les présidents de la Ve République ont été accompagnés dans leur élection par un réel et enthousiaste courant d'adhésion. De Gaulle représentait une figure historique et morale garante de la stabilité institutionnelle, Georges Pompidou incarnait la continuité d'un gaullisme dépoussiéré, Valéry Giscard d'Estaing fit souffler un vent de jeunesse et de modernité, François Mitterrand était rien moins que l'homme capable de « changer la vie », le Jacques Chirac de 1995 promettait la synthèse entre le pragmatisme économique et la volonté de réduire la « fracture sociale », enfin Nicolas Sarkozy ringardisait la pratique habituelle de la politique et décomplexait une droite jugée trop tiède par ses électeurs. Pour l'heure, François Hollande a comme principale force d'être celui qui peut battre le président sortant. Le candidat socialiste refuse de lever une espérance trop forte pour ne pas risquer des désillusions trop rapides. Cet objectif est parfaitement atteint. Mais n'est-ce pas risqué ?w



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bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...