Lundi sur RTL, le candidat socialiste à l'Élysée a apporté des précisions sur son projet en matière de retraite, s'éloignant du programme du PS et donnant à penser qu'il ne remettrait pas complètement en cause la réforme de 2010 du gouvernement Fillon. « Ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans et qui ont fait 41 années de cotisations, 42 ans, pourront partir à 60 ans. Ceux qui n'ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas », a dit M. Hollande.
La contre-attaque du gouvernement n'a pas tardé. François Fillon, dès lundi à Saint-Dizier, puis hier devant le groupe de députés UMP, a accusé M. Hollande d'avoir « menti sur la retraite à 60 ans ». Il « a cru trouver une astuce pour satisfaire tout le monde en réservant le départ à la retraite à 60 ans à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C'est une escroquerie, car cela coûte 20 milliards d'euros d'ici 2020, c'est plus du quart du bénéfice de la réforme de 2010 », selon le chef du gouvernement. Xavier Bertrand, à l'Assemblée, a évoqué 20 milliards d'ici 2018.
Le programme socialiste prévoyait de rétablir « l'âge légal de départ à 60 ans et l'âge de départ sans décote à 65 ans » . L'accord signé récemment entre le PS et Europe Écologie-Les Verts prévoit le taux plein à 60 ans pour ceux qui ont « commencé à travailler tôt ou qui ont exercé des métiers pénibles ». La position affinée du candidat socialiste ne remet, elle, pas en cause le passage de l'âge de départ à 62 ans pour ceux n'ayant pas cotisé suffisamment, tout en représentant un certain coût pour les finances publiques.w