CRISE
Sarkozy défend l'accord de Bruxelles et se prépare à une perte du triple A
Publié le lundi 12 décembre 2011 à 14h58 - AFP
Nicolas Sarkozy a défendu lundi l'accord obtenu à Bruxelles sur le sauvetage de l'euro en jugeant qu'il créait «les conditions de la sortie de crise», et a commencé à préparer la France à une perte de son fameux AAA qui ne serait qu'une «difficulté de plus, pas insurmontable».
Face à son principal rival présumé à la présidentielle, le socialiste François Hollande, qui a annoncé son intention de le « renégocier », le chef de l'Etat s'est longuement fait l'avocat, dans un entretien au Monde, du projet de révision des traités européens adopté vendredi par 26 des 27 pays de l'Union européenne (UE), à l'exception du seul Royaume-Uni.
Un accord qui « crée les conditions de la sortie de crise »
Si les grandes places financières européennes sanctionnaient lundi son insuffisance par une baisse générale, Nicolas Sarkozy a lui estimé que le renforcement de la discipline budgétaire de la zone euro annoncé à Bruxelles marquait « une étape décisive vers l'intégration européenne » et « à ce titre, crée les conditions du rebond et de la sortie de crise ». Le président français est toutefois resté mesuré sur les effets de ce compromis sur les risques d'« explosion » de l'Europe qu'il avait évoqués avant la réunion des 8 et 9 décembre. « J'aimerais pouvoir dire qu'il est totalement écarté. Je m'en garderai pourtant », a-t-il prudemment avancé, « nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire ».
« On ne délèguera pas à d'autres notre souveraineté économique »
Sur le calendrier, il est resté fidèle à sa volonté d'aller « à marche forcée », comme il l'avait souligné il y a une semaine avec Mme Merkel en rappelant que « l'objectif est d'arriver à un traité pour le mois de mars », balayant d'un revers de main tout problème de ratification. De la même manière, Nicolas Sarkozy a renvoyé dans leur coin les critiques qui, à gauche comme à droite, ont dénoncé des abandons de
souveraineté. « On ne délèguera pas à d'autres notre souveraineté économique », a-t-il assuré. Avant de dénoncer le « langage guerrier qui fleure bon le nationalisme d'antan » utilisé par ceux qui, comme le troisième homme de la primaire du PS Arnaud Montebourg, ont parlé de « capitulation » face à Berlin.
La perte du triple A : « pas insurmontable »
Nicolas Sarkozy a par ailleurs profité de cet entretien pour préparer le pays à une perte de sa fameuse note AAA, synonyme d'emprunt aux meilleures conditions sur les marchés financiers. Les agences de notation Moody's et Standard and Poor's doivent rapidement rendre leur verdict sur les pays de la zone euro, dont la France, tous menacés de dégradation. Un membre du gouvernement sans illusion a jugé lundi en petit comité « probable » cette sanction pour la France, mais le ministre de l'Economie François Baroin en a minimisé les effets, estimant que « ce n'est pas la grenouille du matin qui donne la météo ».
« Si elles devaient nous le retirer, nous affronterions cette situation avec sang-froid. Ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable », a jugé sur le même ton Nicolas Sarkozy dans les colonnes du Monde, « ce qui compte avant tout, c'est la crédibilité de notre politique économique et notre stratégie déterminée de réduction de nos dépenses ». Le chef de l'Etat avait pourtant fait du maintien de la note AAA la priorité de sa fin de mandat et un argument pour sa course à la réélection.
A moins de cinq mois du premier tour d'un scrutin où il est toujours donné largement perdant, Nicolas Sarkozy s'est refusé, petite surprise, à toute attaque frontale contre ses futurs rivaux de gauche. Sur sa « règle d'or » de retour à l'équilibre budgétaire rejetée par le PS, il s'est contenté de souhaiter que « toutes les formations politiques françaises s'inspirent » des exemples espagnol et allemand et s'est refusé « à juger l'opposition » ou François Hollande, qui l'a accusé de « courir après la crise ». « Avant de formuler un commentaire si définitif, j'invite chacun à réfléchir à cette crise, à sa profondeur, à sa gravité », a-t-il
simplement lancé.
bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...