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FRANCE-ALLEMAGNE

Sarkozy-Merkel, un mariage de raison agité

Échange d'amabilités lors du conseil européen du 23 octobre dernier  à Bruxelles. Photo archives Né Échange d'amabilités lors du conseil européen du 23 octobre dernier à Bruxelles. Photo archives Né

Au coeur des efforts de sauvetage de la zone euro, le couple formé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel peine à accoucher d'un projet commun de réforme des traités européens, énième épisode de la relation compliquée entretenue depuis 2007 par le président et la chancelière. Le premier reçoit la seconde aujourd'hui.




C'est l'histoire d'une union forcée. Avec ses hauts et ses bas, ses déclarations d'amour et ses coups de gueule. Mais un mariage contraint à la réussite. Nicolas Sarkozy en a résumé les termes jeudi soir à Toulon. « Chacun a son histoire, ses blessures (...) ses institutions, sa culture, sa conception de la Nation », mais « l'Allemagne et la France ont fait le choix de la convergence, je ne reviendrai jamais sur ce choix ».
Après les couples « mythiques » de Gaulle-Adenauer, Mitterrand-Kohl ou Chirac-Schroeder, celui formé depuis près de cinq ans par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel paraissait comme le plus improbable. A priori, rien de commun entre le Français, vibrionnant et bravache, et l'ex-Allemande de l'Est, toute de rigueur et de retenue.


Leurs premiers pas sont plutôt réussis : le chef de l'Etat et la chancelière règlent à Toulouse l'épineuse question de la gouvernance d' EADS. Mais, très vite, la presse allemande bruisse d'échos sur les incompréhensions apparues entre les deux dirigeants.
Quelques mois plus tard, ces difficultés se doublent d'une vraie crise autour de l'Union pour la Méditerranée. Le projet français est finalement amendé, mais le malaise persiste.
Les premiers contrecoups de la crise financière grecque en 2010 font ressurgir les tensions. Paris plaide pour un gouvernement économique européen, mais Berlin rechigne et s'accroche à la sacro-sainte indépendance de la Banque centrale européenne (BCE).
Dans le huis clos des entretiens, au moins une fois par mois au chevet de la zone euro, leurs discussions sont souvent tendues. Mais publiquement, la solidité du couple franco-allemand a été érigée en dogme absolu. Sur la forme aussi, tout est fait pour accréditer l'idée d'un couple uni.
« La crise les a poussés à se rapprocher », relève Gerd Langguth, biographe de la chancelière.
« À mon sens, Merkel a moins besoin de Sarkozy d'un point de vue politique que Sarkozy n'a besoin d'elle, car l'économie française souffre actuellement et il a des élections l'an prochain », explique-t-il.
Malgré leurs désaccords, tous deux présenteront la semaine prochaine leur « initiative commune » de révision des traités européens. En dépit des critiques de la gauche qui déplore que « c'est Mme Merkel qui décide et M. Sarkozy qui suit » .w


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