Une présidentielle chamboulée
Publié le lundi 16 mai 2011 à 06h00 - DIDIER HUSSON > france.monde@nordeclair.fr
Si l'événement améliore les chances de François Hollande et des centristes, il nuit à MarineLe Pen et Jean-Luc Mélenchon. Quant à Nicolas Sarkozy, c'est plus compliqué...
C'est peu de dire que l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn rebat les cartes de l'élection présidentielle.
Elle chamboule la primaire socialiste, bien sûr, mais aussi le scrutin lui-même, tous pronostics et stratégies bouleversés. En effet, sauf retournement de situation peu imaginable - en clair, sauf si la thèse du complot qui fait florès sur Internet venait tout de suite à se confirmer -, l'action intentée contre DSK l'oblige à se retirer de la compétition. Même innocent, il lui faudra du temps pour le prouver, pendant lequel il ne sera plus ni directeur général du Fonds monétaire international ni candidat à l'Élysée.
C'est donc le favori des sondages qui vient d'être mis hors course, un homme qui obtenait des scores qu'aucun challenger avant lui n'avait obtenus à un an d'une présidentielle. La primaire socialiste se présentait, cette fois, sous un jour plus favorable qu'en 2006 puisqu'ouverte aux sympathisants auprès de qui il réalisait ses meilleurs scores. Ses relais en France s'étaient beaucoup agités ces derniers jours pour préparer son « atterrissage ». D'abord envisagée pour la fin avril, puis pour mai, sa déclaration de candidature devait intervenir courant juin, le temps de boucler plusieurs sommets internationaux de la finance tout en respectant le calendrier socialiste.
Le grand bénéficiaire
Était-il pour autant sûr d'être élu ? Bien sûr que non ! On sait qu'à la notable exception de la dernière présidentielle, le vainqueur du second tour un an avant l'échéance a régulièrement échoué : Giscard en 1981, Barre en 1988, Balladur en 1995. Être le favori condamne à devenir la première cible.
À cet égard, un livre et plusieurs journaux venaient d'ouvrir les hostilités sur le train de vie de DSK et son éloignement supposé des réalités françaises.
L'écart ne cessait d'ailleurs de se réduire avec l'homme qui monte à gauche, François Hollande.
Ce dernier apparaît donc comme le grand bénéficiaire de l'événement et désormais rival le plus sérieux de Nicolas Sarkozy. À lui aussi, les sondages promettent la victoire au second tour. En outre, il mène depuis plusieurs semaines une campagne de terrain dans laquelle il se veut au plus près des réalités françaises : en cela, il était un peu le contraire de DSK. Certes, Martine Aubry peut aussi se relancer, elle que l'on disait prête à renoncer.
Mais n'étant pas encore déclarée, elle apparaîtrait comme une candidate de remplacement alors que son rival, officiellement en course depuis le 1e r avril, n'a qu'à poursuivre sur son élan. Enfin, plusieurs dirigeants strauss-kahniens, comme Pierre Moscovici, restent hostiles à la première secrétaire du PS au point d'envisager de se présenter eux-mêmes à défaut de leur héros.
Deux orphelins
Le retrait de DSK libère aussi de l'espace au centre et favorise les visées d'un Jean-Louis Borloo, voire d'un François Bayrou : un autre candidat socialiste mordra moins sur leur électorat potentiel. En revanche, l'événement fait clairement deux malheureux : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Leurs campagnes étaient toutes prêtes contre un adversaire de rêve, désigné comme l'homme de la haute finance internationale, chantre du libéralisme et des frontières ouvertes à tous les vents. Les voici orphelins.
Et Nicolas Sarkozy ? Son cas est plus ambigu. Côté négatif, lui aussi perd un challenger contre lequel il serait apparu plus protecteur, voire adepte d'un certain patriotisme économique. Face à DSK, les arguments contre « Sarkozy, candidat des riches » perdaient de leur impact ; ils reprendront de leur force dans un duel contre Hollande ou Aubry. En revanche, aspect positif, l'argument de la compétence - qui jouera un rôle majeur dans la campagne - est désormais plus facile à manier : la droite va présenter le Président sortant comme l'homme qui a su tenir le cap dans la tempête économique. C'eût été plus difficile face à un DSK auréolé par trois années et demi à la tête du FMI.w
Totalement stupéfaite. C'était l'état d'esprit hier de Martine Aubry, la première secrétaire du Parti socialiste après l'annonce de l'inculpation à New York du directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn.La première secrétaire du PS, Martine Aubry, s'est déclarée hier « totalement stupéfaite » après l'inculpation aux États-Unis du patron du FMI Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle et tentative de viol, « Les nouvelles qui nous parviennent de New York depuis cette nuit sonnent à l'évidence comme un coup de tonnerre. Je suis moi-même, comme tout le monde, totalement stupéfaite », a déclaré Martine Aubry à Lille lors d'une courte déclaration devant quelques journalistes hier matin à Lille.« J'en appelle à chacun à attendre la réalité des faits et à respecter la présomption d'innocence, à tous à garder la décence nécessaire » , a-t-elle ajouté, visiblement émue.« Je demande bien sûr aux socialistes de rester unis et responsables », a souligné la première secrétaire du PS.« Je voudrais surtout dire aux Français que quels que soient les circonstances et les aléas, hier comme aujourd'hui, nous sommes là, les socialistes, pour les entendre, pour les comprendre, pour apporter des réponses à leurs problèmes et aux problèmes de notre pays, et aussi pour les servir » , a conclu Mme Aubry.À l'instar de la première secrétaire, les politologues ont tous, à commencer par Gérard Grunberg, qualifié cette affaire de « coup de tonnerre » .w



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bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...