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RETRAITES

La radicalisation, signe d'un « rejet du pouvoir en place »

Le gouvernement essaierait de «décrédibiliser»  le mouvement en «exploitant les violences» selon le sociologue. Le gouvernement essaierait de «décrédibiliser» le mouvement en «exploitant les violences» selon le sociologue.

Les violences qui se multiplient lors des rassemblements lycéens et étudiants témoignent d'une « base de protestation plus large » que le problème des retraites, selon le professeur de sociologie Didier Lapeyronnie.





Est-ce que les violences observées lors des derniers rassemblements sont les prémices d'une radicalisation massive du mouvement ?


>> Pour l'instant, ce n'est pas encore massif. Je pense que le problème c'est qu'il y a une entrée en jeu d'une base plus radicale. C'est plutôt le signe que les bases sociales sont beaucoup plus larges que le problème des retraites. Depuis plus de 30 ans, dans les manifs lycéennes, qui ont lieu quasiment chaque année, il y a toujours eu des « casseurs » qui se sont immiscés. Ce sont des manifestations souvent spontanées, peu organisées, facilement manipulables. Ceci dit, je suis très méfiant avec ces histoires de « casseurs » . Il faut se souvenir de 1978 ou lors de manifs de sidérurgistes, le service d'ordre avait attrapé des « casseurs » qui étaient en fait des policiers cherchant à déconsidérer le mouvement.

Voulez-vous dire que le gouvernement peut chercher à provoquer ou à se servir de ces violences ?
>> Il ne faut quand même pas être grand clerc pour voir que le gouvernement a sauté sur les événements pour dire que c'était dangereux.
Je ne dis pas que c'est de la provocation, mais il faut rester méfiant. Je ne sais pas si le gouvernement est inquiet ou s'il y voit un moyen de décrédibiliser le mouvement avec ces violences. C'est en tout cas ce qu'il essaie de faire en exploitant ces violences. Il ne faut pas sous-estimer l'immense médiocrité de nos gouvernants.

Comment voyez-vous les choses évoluer ?
>> Le risque, c'est une sorte de mai 68, un peu comme en 1995. Les éléments sont en place. Il y a un rejet violent du pouvoir en place, une perte de confiance, un sentiment d'injustice fortement installé... Et le sentiment aussi profond dans la population qu'après la crise, rien n'a été fait et que l'addition est en train d'être payée par tout le monde. Avec des mouvements de type lycéen, étudiant, et de certains secteurs professionnels plus sensibles, il va être difficile de négocier quoi que ce soit. Ceci dit le gouvernement n'a pas l'air très ouvert à la négociation.


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