UMP : rentrée gâchée par le virage sécuritaire
Publié le mercredi 01 septembre 2010 à 06h00
Face aux risques de divisions, certains font valoir que ces critiques ne sont que la marque d'un salutaire «débat» au sein de la majorité. Ph. AFP
La polémique autour du virage sécuritaire du président Sarkozy, qui a réaffirmé hier sa « volonté inflexible » d'appliquer la déchéance de nationalité à certains criminels, n'en finit pas d'agiter les dirigeants de l'UMP, réunis sur le Campus des jeunes du parti. Retour de boomerang : le tournant droitier ne semble plus une option viable pour rassembler.
Lors d'une rencontre à l'Élysée avec des policiers agressés dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, le chef de l'État a repris hier la proposition de déchéance de la nationalité à certains criminels qui était au coeur de son discours de Grenoble du 30 juillet et qui doit encore faire l'objet de divers arbitrages, notamment sur l'étendue de son application.
Mais tandis que se poursuivent les expulsions de Roms et les démantèlements de camps illégaux, autre illustration du tournant sécuritaire voulu par l'exécutif, ce tour de vis continue de diviser la majorité. Lundi, François Fillon avait de nouveau fait valoir sa différence en mettant en garde ses troupes contre toute « surenchère ».
Jean-François Copé « étonné »
Une prise de distance qui n'a pas eu l'heur de plaire au patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui s'est dit « étonné » par les « mots » choisis par ce Premier ministre qui, porté par de bons sondages alors que ceux du chef de l'État restent en berne, prend de plus en plus de place dans la majorité. « Je peux comprendre qu'à gauche, où on est gêné sur la sécurité, on préfère taper sur le président de la République. Je le comprends moins de la part de certains de nos amis...
» a insisté Jean-François Copé.
En attendant un probable recadrage de la part de François Fillon, qui s'exprimera en fin de journée à Port-Marly, c'est le secrétaire général de l'UMP , Xavier Bertrand, qui a épinglé son vieux rival, Jean-François Copé. « Dans notre camp plus qu'ailleurs, on n'aime pas les diviseurs, on n'aime pas les snipers, on n'aime pas ceux qui jouent contre leur camp », a lancé Xavier Bertrand, agacé aussi que le patron des députés UMP ait regretté que le parti n'ait pas organisé « des universités d'été dignes de ce nom » . Pour son action à la tête de l'UMP, il a en revanche reçu un franc satisfecit de Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale. S'invitant à ce concert d'attaques fratricides, Valérie Pécresse, s'en est pris pour sa part à ses collègues du gouvernement qui ont rendu publics leurs états d'âme à quelques semaines d'un remaniement pouvant faire beaucoup de victimes parmi eux.
Querelles d'ambitions ?
« Bien sûr, il y a tous ceux qui, quand la tempête fait rage, descendent dans la cale pour y organiser le procès du capitaine », a-t-elle déclaré en ouverture du Campus. « Ils ne sont pas nombreux mais ils parlent fort et quelquefois leurs ambitions personnelles leur font perdre le cap », a-t-elle dit. Parmi les ministres visés, aux noms d'Hervé Morin et Bernard Kouchner qui ont déjà fait part de leurs réserves sur le tournant droitier de l'été, s'ajoute désormais celui de Fadela Amara, qui hier a également marqué sa différence. Face aux risques de cassures et de divisions, certains font valoir que ces critiques ne sont que la marque d'un salutaire « débat » au sein de la majorité. Le secrétaire d'État à l'Emploi, Laurent Wauquiez, veut croire pour sa part qu'il y a « une unité d'action totale du gouvernement ». Mais aussi « une petite volonté d'exploiter chaque phrase pour en faire un sujet de prises de distance ou de polémique ».w


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jsr : ...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...