La galère des Nordistes qui cherchent à rentrer
Publié le lundi 19 avril 2010 à 06h00
Depuis jeudi, une trentaine de pays européens ont mis en place des mesures de fermeture de leur espace aérien.
Trains, ferries, autocars sont pris d'assaut... Pour essayer de rentrer dans le Nord, alors que la paralysie du trafic aérien se prolonge, chacun tente de se débrouiller.
Témoignages
de Nordistes.
ERWAN GUÉHO > erwan.gueho@nordeclair.fr
« Nous nous sommes rendus à Zagreb. On a démarré ce matin à 9 h 30. On devrait être à Lille ce lundi en milieu d'après-midi. » Jean-Claude Branquart fait partie de cette centaine de Nordistes partis de l'aéroport de Lille-Lesquin il y a dix jours pour une semaine de vacances sur la côte adriatique.
Une semaine de vacances qui aurait dû se terminer vendredi à 7 h à l'aéroport de Dubrovnik. « Mais là, on nous a dit que ce ne serait pas possible de rentrer. Quelques heures plus tard, on nous a expliqué qu'on allait nous mettre un hôtel à disposition », explique le Nordiste.
Justement, alors que la saison touristique commence à peine sur la côte adriatique, il y en a un entièrement vide à 15 km de l'aéroport. C'est là que la centaine de Nordistes trouve refuge pendant deux jours.
Dans leur groupe, chacun cherche une solution alors que la fermeture des aéroports français est prolongée d'heure en heure. Toutes les voitures de location sont déjà prises. Ce sera donc en cars - trois au total - que les Nordistes rentreront.
« Tous les cas de figure » Un voyage d'une trentaine d'heures : Slovénie, Autriche, Allemagne... Avec une arrivée prévue cet après-midi à Lille.
« Au début, on n'a pas trop pris au sérieux cette histoire de nuage. C'est quand on a vu que les aéroports belges puis du Nord de la France fermaient qu'on a commencé à se dire que cela allait peut-être devenir compliqué », poursuit le Nordiste.
« Avec les jeunes enfants à occuper, ce n'est pas toujours évident. Mais tout le monde y met beaucoup de bonne volonté », conclut-il.
« Il y a tous les cas de figures », explique Jean-Christophe Minot, le PDG de l'aéroport de Lille, qui tient à les accueillir ce lundi. « Il y a ces Nordistes qui étaient bloqués à Dubrovnik. Mais il y a aussi ceux qui sont en Algérie. Là le plus simple c'est de prendre le ferry quand il reste des places puis le TGV. Par contre, pour ceux qui sont à Djerba... », poursuit Jean-Christophe Minot.
Cela risque de durer
Hier soir, la réouverture de l'espace aérien français a de nouveau été repoussée (lire encadré). « Il faudra du temps pour que les choses rentrent dans l'ordre », reconnaît Jean-Christophe Minot. En temps normal, 60 à 70 avions atterrissent ou décollent de l'aéroport de Lille. Et Jean-Christophe Minot estime à encore 5 à 6 000 le nombre de Nordistes qui sont bloqués par la paralysie du trafic.
Quant aux conséquences économiques de cette paralysie, Jean-Christophe Minot se limite à cette formule : « Cela commence à coûter très cher à tout le monde... »w Lire aussi en pages 36 et 41


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