Déficit : des États-membres rappelés à l'ordre
Publié le jeudi 18 mars 2010 à 06h00
La Commission européenne, inquiète de l'ampleur des déficits dans toute l'UE, a envoyé un coup de semonce hier à plusieurs pays , dont la France et le Royaume-Uni, qui parient sur un trop prompt rétablissement de l'économie.
La Commission européenne, qui fait office de gendarme budgétaire de l'UE, a publié hier des évaluations portant sur la crédibilité des programmes de réduction des déficits de 14 pays (1). Résultat : « D'une manière générale, les hypothèses de croissance sous-tendant les projections budgétaires sont jugées plutôt optimistes », estime Bruxelles. En clair, ces pays parient souvent sur un trop prompt rétablissement économique pour assainir leurs comptes à partir de l'année prochaine, comme promis .
C'est le cas de la France qui, dans son programme, table sur un fort rebond de la croissance (2,5 % par an dès 2011) pour parvenir à réduire le déficit de 8,2 % du PIB cette année à 3 % en 2013, comme le lui demande Bruxelles. Ces hypothèses sont « très optimistes », juge Bruxelles, et « la stratégie définie ne laisse aucune marge de sécurité si la situation économique évolue moins bien que prévu ». Le ministre français du Budget, É ric Woerth, a défendu hier son hypothèse de croissance, estimant qu'il s'agissait de « prévisions volontaristes ».
L'exécutif européen adresse des reproches similaires, voire plus durs, à d'autres pays, dont le Royaume-Uni qui « ne prévoit pas de corriger son déficit excessif d'ici à 2014-2015 » et l'Espagne (déficit à 11,4 % du PIB en 2009), est invitée à « préciser sa stratégie budgétaire ».
w (1) France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Finlande, Belgique, Autriche, Irlande, Bulgarie, Estonie et Slovaquie.





