La fin de la trêve fait craindre le pire
Publié le samedi 13 mars 2010 à 06h00
Un front uni et inédit d'une soixantaine d'associations et syndicats organise aujourd'hui des manifestations dans 16 villes de France - dont à Lille - pour demander l'arrêt des expulsions locatives, affirmant que la situation a « empiré » durant la trêve hivernale qui s'achève lundi.
« La situation est pire qu'au mois d'octobre », juste avant le début de la trêve des expulsions au 1er novembre, a déclaré Serge Incerti, président de la Confédération nationale du logement (CNL), l'une des associations fondatrices en juin 2009 du Réseau stop aux expulsions de logement (Résel) avec la Confédération syndicale des familles (CSF) et l'association Droit au logement (Dal).
« Le chômage a atteint 10 %, on annonce des plans sociaux et un million de chômeurs vont arriver en fin de droits » , soit 200 000 de plus que les années précédentes, a poursuivi Serge Incerti. « Tous les indicateurs sont au rouge, tous les ingrédients sont là pour que 2010 soit encore plus difficile », a renchéri Jean-Baptiste Willaume de la CSF.
Les associations demandent un moratoire des expulsions avec dédommagement des propriétaires, tant qu'il n'y a pas de solution de relogement.
Le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, a parlé de solution « d'hébergement adapté » pour toute personne ou famille expulsée, ce que contestent les associations craignant que les gens soient « baladés d'hôtels en centres d'hébergements déjà surchargés ».
« Nous n'opposons pas locataires et propriétaires »
Benoist Apparu s'oppose au moratoire pour ne pas envoyer de « mauvais signaux aux propriétaires », notamment les petits propriétaires, et ne pas « créer un effet d'aubaine » auprès des mauvais payeurs.
« C'est un mensonge ! Il ne s'agit pas de permettre aux gens de ne pas payer mais de maintenir des familles dans un logement le temps de leur en trouver un autre », s'est exclamé Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre, membre du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées (31 membres). « Nous n'opposons pas locataires et propriétaires », a rappelé Christophe Robert, qui dénonce « le traitement sécuritaire et non plus social de ce problème ».
Benoît Filippi (ACDL, locataires) a lui rappelé que les préfets ont à la fois la responsabilité de trouver un toit aux personnes reconnues prioritaires au Droit au logement opposable (Dalo) et d'utiliser la force publique pour les expulser, dénonçant des « contradictions invraisemblables ».
À Paris, la manifestation partira à 15 h de la place de la République. Des cortèges s'ébranleront aussi de Lille, Angers, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Dax, Le Havre, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Tours.w


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emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...