Journée de la femme : elle a cent ans...
Publié le lundi 08 mars 2010 à 06h00
Lancée en 1910 en Allemagne, la Journée de la femme célèbre son centenaire malgré des inégalités persistantes tant dans le monde du travail que sur la scène politique.
MAGALIE GHU (avec AFP) > magalie.ghu@nordeclair.fr
Un peu d'histoire. Ironie de l'histoire, la célébration d'une Journée de la femme, lancée en août 1910, avait pour but, selon son initiatrice, la socialiste allemande Clara Zetkin, de « contrecarrer l'influence des groupes féministes sur les femmes du peuple », raconte Françoise Picq, historienne à Paris IX. Il s'agissait surtout d'arracher le droit de vote des femmes.
En France, dans les années 1950, « toute la presse militante du PCF et de la CGT comme celle du mouvement de libération des femmes, relayée par les quotidiens nationaux » écrit que le 8 mars commémore une manifestation de couturières new-yorkaises le 8 mars 1857, explique l'historienne. Or cet événement n'a jamais eu lieu, ajoute Françoise Picq.
Au fil du temps, en France, cette commémoration soigneusement encadrée par le PCF va s'émanciper, à l'initiative, pense Françoise Picq, de Madeleine Colin, alors dirigeante de la CGT, qui souhaitait lui donner un caractère moins traditionnel et réactionnaire. Elle devient alors celle de la lutte des femmes travailleuses.
« Le 8 mars est devenu une date officielle il y a une trentaine d'années mais pour ma génération c'était l'anti-fête des mères », explique la philosophe et historienne Geneviève Fraisse. « Ces 100 ans, ça ne veut pas dire grand chose, la lutte des femmes c'est plutôt 200 ans que 100 ans », ajoute-t-elle. Cette année est aussi, en France le 40e anniversaire du Mouvement de libération des femmes (MLF).
Toujours des inégalités salariales. La proportion des femmes dans la vie active dans le monde a sensiblement augmenté depuis trente ans, passant de 50,2 à 51,7 %, mais leur travail reste souvent moins rémunéré et plus ingrat, relève un rapport du Bureau international du travail (BIT) publié vendredi.
Dans la fonction publique, l'écart de salaire entre les sexes s'est creusé : en 1982, l'Insee relevait un écart annuel de 3 500 E entre les hommes et les femmes, contre près de 4 000 E en 2007. L'écart se creuse dans le privé. Ainsi, en 2007, une femme gagnait en moyenne 5 000 E de moins par an qu'un homme.
Politique et parité. La France fait figure de mauvaise élève dans ce domaine, avec seulement 18 % de femmes parmi les parlementaires en 2009, soit un chiffre en deçà de la moyenne mondiale qui est de 19 %. À titre de comparaison, les parlementaires sont 35 % à être des femmes en Belgique, et même 47 % en Suède. Toutefois, la progression du nombre de femmes au Parlement est significative puisqu'elles n'étaient que 6 % en France en 1995.
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