BD : l'explosion du marché est terminée... pour l'instant
Publié le samedi 20 février 2010 à 06h00
La crise a pesé sur la BD, mais les éditeurs continuent de se frotter les mains. Le marché est tiré à la hausse par les incontournables poids lourds, sans que cela empêche des oeuvres plus exigeantes ou « risquées » de trouver leur public.
MATTHIEU MILLECAMPS > matthieu.millecamps@nordeclair.fr
La BD va bien. Tandis que la morosité saisit presque tous les secteurs de l'économie, le marché de la BD affiche un bilan de santé presque insolent. Certes, la crise a plombé le secteur à sa manière : le nombre de publications a été sensiblement revu à la baisse. Mais en terme de chiffre d'affaire global, le marché reste en hausse (+1%). Et paradoxalement, la baisse du nombre de sorties est vue de manière plutôt positive par une partie des acteurs.
C'est notamment le cas chez Dargaud, entité du groupe Media-Participation, chez qui l'on se félicite de cette baisse de régime. « Depuis une dizaine d'années, notre politique est identique : nous sortons une centaine de titres par an. C'est un vrai choix éditorial, parce que l'on a besoin de temps pour défendre la qualité », assure Frédéric Schwamberger, responsable marketing, qui considère que l'afflux constant de titres sur les rayonnages des librairies spécialisées « rend l'émergence de nouveautés extrêmement difficile ». Avec un peu plus de 4 800 titres publiés en 2010, on peut imaginer que les places sont chères sur les étals et que les libraires ont peu le temps de lire les oeuvres qu'ils proposent aux lecteurs.
Moins de titres publiés, mais aussi, relative stabilité dans le paysage éditorial. À la charnière des années 90 et 2000, le secteur a connu une période d'euphorie créatrice. Des éditeurs indépendants, tels que l'Association ou Cornélius, ont investi un marché jusque-là très fermé, favorisant une réinvention du style même de la BD. C'est beaucoup moins le cas aujourd'hui.
Marchés de « niche »
Dans le Nord-Pas-de-Calais, les Roubaisiens d'Ankama, surtout connus via le jeu en ligne Dofus, se sont lancés dans l'édition en 2005. Un nouvel acteur qui s'est très vite taillé une part de choix dans ce secteur. « Notre objectif, c'est d'aller chercher de nouveaux publics », insiste Olivier Moreira, responsable marketing du pôle éditions d'Ankama, qui avance un concept en vogue : le « cross média ». Un anglicisme qui signifie, en l'occurrence, que l'univers du jeu Dofus est décliné en BD d'orientation plutôt manga. Approche qui vise à fidéliser « un public ado, qui picore beaucoup et peut ainsi entrer dans un univers par différents biais ». Et Ankama profite de cette assise pour faire des paris éditoriaux plus risqués, tels Mutafukaz, ou, pour la BD en ligne, Maliki.
Le développement de ces marchés « de niche », au nom si disgracieux, a aussi été observé du côté de chez Dargaud, où le très bon Blast, de Manu Larcenet, a connu des pics de ventes inespérés pour une oeuvre aussi éloignée des classiques de la BD « qui marche ».
Autre évolution notable en 2009, le tassement relatif des Mangas. Odile Mériaux, directrice produit « livres » au Furet du Nord, juge pourtant qu'il ne s'agit pas d'un recul, mais est le signe d'une évolution. « La France a rattrapé le rythme de parution des séries japonaises. Au départ, il y avait un "stock" qui permettait de sortir de nombreux titres à un rythme intense. Ce n'est plus le cas. Il ne s'agit pas d'une désaffection, simplement, les sorties ne se font plus de manière aussi frénétique. » Enfin, s'il est une chose sur laquelle l'ensemble des acteurs s'entend, c'est que la BD reste l'un des musts sous le sapin. La grosse partie des ventes se fait durant les derniers mois de l'année... w
C'est la meilleure vente de BD de l'année 2009. Le dernier album des aventures du Gaulois mondialement connu, « L'anniversaire d'Astérix et Obélix », s'est vendu à 1,2 million d'exemplaires. Or, Astérix est un peu ch'ti... Pour deux raisons. Tout d'abord, Astérix est « coloré » au Studio 56 de Bénifontaine, près de Lens. En fait, c'est toute la partie technique qui est réalisée dans ce grand studio nordiste. Régis Grébent, du studio 56, collabore ainsi avec Albert Uderzo depuis « une trentaine d'années » . « Albert Uderzo fait le scénario, le découpage et les crayonnés qui sont toujours de véritables chefs d'oeuvres. Ensuite, nous réalisons l'encrage, la coloration, le lettrage et nous suivons l'album jusqu'à l'impression », détaille le Nordiste, pas surpris du succès du dernier album : « On a tous vécu avec Astérix. Depuis les années 60, tout le monde le connaît. » Une deuxième raison fait du petit blondinet un héros nordiste : le succès de la traduction de certains albums en ch'ti. Le premier fut La rentrée gauloise. 100 000 exemplaires en ch'ti vendus. Du coup, L'anniversaire vient d'être traduit par les mêmes « druides » : Alain Dawson, Jacques Dulphy et Jean-Luc Vigneux. « On est très fiers », s'exclame Régis Grébent. En attendant le prochain album, sur lequel, paraît-il, Uderzo travaille...wB.B.
Xavier Bétaucourt présente chaque mardi une chronique BD sur Wéo et est lui-même auteur. Il a notamment publié « Bouclier humain », ou encore « Noir Métal » sur la fermeture de Métaleurop. Il revient aujourd'hui avec « Le Chineur ». Comment se porte la BD dans le Nord ? >> Plutôt pas mal. La région est vraiment une place forte de la BD en France, en premier lieu grâce à sa proximité avec la Belgique qui est le pays de la BD, donc ça déborde sur le Nord. Et nous avons des auteurs qui font des choses différentes, il y a vraiment tous les genres. Vous-même publiez un dernier album, « Le Chineur ». Pouvez-vous nous en dire deux mots ? >> C'est un polar rural. L'histoire se trame dans un village, mettant en scène un antiquaire qui, malgré lui, soulève de la poussière et découvre des choses dont il n'aurait jamais dû avoir connaissance. Je collabore avec Didier Pagot. J'adore son trait, son dessin. C'est un changement de style, pour vous qui avez auparavant plutôt publié des histoires basées sur l'actualité... >> J'ai commencé la BD par le journalisme, avec Noir Métal qui est un véritable documentaire sur Métaleurop, ou Bouclier humain, l'histoire d'une jeune fille qui part en Irak. Puis j'ai eu envie de changer de style. La BD se prête-t-elle bien au journalisme ? >> Oui, c'est un médium génial pour faire de l'actu. Et c'est un vrai outil pour voyager dans le temps.wPROPOS RECUEILLIS PAR BÉRANGÈRE BARRET


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sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...