La Poste : 2,12 millions de participants au «vote citoyen»
Publié le lundi 05 octobre 2009 à 15h03
Les syndicalistes qui ont recueilli la semaine dernière 2,12 millions de «votes citoyens» demandant un référendum sur l'avenir de la Poste mettent en avant la forte participation des zones rurales et des banlieues populaires, qui les «encouragent à continuer».
La votation avait réuni lundi en fin de matinée 2,12 millions de votes, dont « plus de 90% de non » à la question « le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet? » a annoncé le comité fédérant 62 organisations, dont quatre syndicats (CGT, SUD, FO, CFTC) pesant 79% des voix chez les postiers.
Samedi soir, trois heures après la clôture des votes, la joie se lisait sur les visages, au quartier général parisien, où une vingtaine de syndicalistes compilaient des masses de papiers montrant que sept départements concentraient à eux-seuls un demi-million de votes.
Dès 19H00, le comité des Bouches-du-Rhône avait revendiqué 110.000 votants, selon le quotidien La Provence, soit 9% des électeurs inscrits. La Seine-Maritime, la Haute-Garonne et la Seine-Saint-Denis, autres départements à population jeune et ouvrière, qui avaient battu des records d'abstention aux élections européennes, totalisaient 225.000 votants, soit 9,49% des électeurs inscrits, contre 5% au final pour la France entière.
« La multiplication tardive des points de vote doit beaucoup aux enseignants travaillant en banlieue, séduits par notre discours sur le rôle social des fonctionnaires », a expliqué Jean-Luc Jacques, président de la CFTC-Postes. « Leur mobilisation a compliqué la comptabilisation des votes, mais donne envie de continuer », a-t-il souligné.
Le comité devait présenter lundi une carte des zones les plus votantes indiquant « une forte concentration dans les quartiers populaires et les zones rurales » où le problème des fermetures de bureaux « est le plus cuisant ». « La mobilisation des Français, surtout dans les quartiers déshérités et en milieu rural, montre que les discours officiels sur la défense du service public ne sont pas reçus au pied de la lettre », observait lundi l'éditorialiste de La République du Centre Jacques Camus.
« Notre interlocuteur, c'est le président de la République », a déclaré dimanche Nicolas Galepides, le porte-parole, en écartant toute réponse aux « piques, déclarations et communiqués de l'UMP » sur le sérieux du vote, et en demandant le « gel » du projet de loi.
Selon la CFTC, le nombre de points de vote a décollé tardivement en zone rurale, pour atteindre 268 en Dordogne, 180 en Côtes d'Armor, ou 137 dans l'Ariège, témoignant d'une sensibilité particulière au sujet dans les départements ruraux. « Un exemple, 408 votants à Ouessant, soit 52% des exprimés des dernières présidentielles! On les comprend, s'il faut aller demain chercher son courrier en barque sur le continent! », a raconté un syndicaliste breton dans un mail.
La présence dans le comité organisateur des clubs politiques de Corinne Lepage (MoDem) et Nicolas Dupont-Aignan (gaulliste), ou le soutien d'élus de droite, comme Gérard Bezerra, patron de l'UMP dans le Gers et Franck Marlin, député-maire d'Etampes, ont « facilité la tâche » à de nombreux maires sans étiquette, selon la CFTC. A Châtillon-en-Bazois (Nièvre) une soixantaine de maires bourguignons, ceints de leur écharpe tricolore, ont voté tous ensemble. Et en Ille-et-Vilaine, un collectif « Plus belle la Poste », mené par un maire PS et un autre non-inscrit, a rassemblé des élus qui « indépendamment de leur appartenance
politique », veulent « défendre le maintien des bureaux de poste dans les communes ».
(AFP)





