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JUSTICE

Corruption à l'africaine  ?

Une dizaine de membres de la famille Bongo avaient été cités en 2007 comme étant les détenteurs de comptes bancaires et/ou de propriétés en France. AFP Une dizaine de membres de la famille Bongo avaient été cités en 2007 comme étant les détenteurs de comptes bancaires et/ou de propriétés en France. AFP

L'enquête sur les biens en France de chefs d'Etat africains et de certains de leurs proches, soupçonnés d'avoir été financés par de l'argent public détourné, connaît un nouvel épisode jeudi : la cour d'appel examinera l'appel du parquet de Paris qui s'oppose à sa poursuite.




La doyenne des juges d'instruction financiers de Paris, Françoise Desset, avait donné début mai son feu vert à l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les conditions d'acquisition d'un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d'Etat africains - Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo. Des membres de leur entourage pourraient eux aussi être visés par l'enquête.
À l'origine de cette affaire figure la plainte avec constitution de partie civile de l'association anti-corruption Transparence internationale France (TI). Cette plainte concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicité.


D'après l'ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d'État en France s'élèverait à 160 millions d'euros.
Le parquet de Paris, opposé à la décision de la magistrate, a saisi la cour d'appel qui doit dire si la justice peut ou non enquêter. Le parquet s'était opposé dans ses réquisitions à l'ouverture d'une information judiciaire, estimant que les plaignants ne pouvaient arguer d'un préjudice dans ce dossier.
Si la chambre de l'instruction lui donne raison, la plainte sera classée sans suite. Dans le cas contraire, le ministère public aura la possibilité de se pourvoir en cassation. Le parquet de Paris avait déjà classé sans suite en novembre 2007 et septembre 2008 des plaintes simples visant les trois chefs d'Etat, estimant que les investigations policières n'avaient « pas permis de mettre en évidence des infractions pénales ».


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