Affaire Typhaine : toujours rien
Publié le jeudi 16 juillet 2009 à 06h00
Les recherches pour tenter de retrouver la petite Typhaine, cinq ans, restent vaines un mois après sa disparition dans les rues de Maubeuge. L'enquête se révèle laborieuse dans cette affaire survenue sur fond de dispute pour la garde de la fillette.
Un mois est passé, et l'enquête sur la disparition de Typhaine est toujours au point mort. La piste accidentelle a été définitivement écartée à l'issue de vastes recherches terrestres et fluviales. Les enquêteurs de la PJ de Lille et de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) travaillent désormais sur deux thèses : l'enlèvement par un inconnu et le différend familial.
Depuis le 18 juin, date de la disparition de l'enfant, les profils et les emplois du temps des délinquants sexuels fichés ont été passés au crible. Une demi-douzaine d'entre eux ont été auditionnés, sans résultat. La frontière belge n'étant qu'à quelques kilomètres de Maubeuge, les enquêteurs français ont sollicité l'aide de la police fédérale belge.
« C'est un travail qui peut prendre des mois, voire des années », s'il s'agit d'un prédateur de passage, confie un enquêteur. La piste d'un drame familial « reste également d'actualité ».
Typhaine a disparu subitement dans l'après-midi du 18 juin alors qu'elle accompagnait sa mère, Anne-Sophie Faucheur, 23 ans, dans le centre de Maubeuge. Mme Faucheur a alerté la police vers 16 h 30 en affirmant que sa fille marchait à 50 mètres devant elle quand elle a « disparu en l'espace de cinq secondes, à un croisement ».
Deux témoins ont affirmé avoir vu l'enfant peu avant sa disparition, à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie avec sa maman, puis errant seule, en pleurs, dans les rues de Maubeuge. Mais ces témoignages sont fragilisés par les déclarations de voisins et de proches de la famille qui assurent n'avoir pas vu la fillette dans les jours, voire les semaines précédant sa disparition.
Contexte familial
Les parents de Typhaine, qui n'étaient pas mariés, se sont séparés en décembre 2005. Mme Faucheur assurait la garde de l'aînée, Caroline, et son compagnon, François Taton, celle de Typhaine.
Mais le 22 janvier dernier, la mère a récupéré la benjamine à la sortie de l'école à Lille (où réside le père) en trompant les enseignants. Depuis, elle vivait avec ses deux filles à Aulnoye-Aymeries, à 15 km de Maubeuge, avec son nouveau compagnon.
Le contexte familial, les conditions de la disparition et l'absence de témoignages susceptibles d'accréditer la thèse de l'enlèvement par un tiers ont immédiatement intrigué les enquêteurs. La garde à vue de la mère de Typhaine et de son compagnon, ainsi que les perquisitions menées à leur domicile, n'ont cependant rien donné.
Très critique à l'égard des enquêteurs, Mme Faucheur s'est constituée partie civile afin d'accéder au dossier. Au cours de ses très rares rencontres avec des journalistes, elle s'était étonnée d'être ainsi « suspectée », se demandant si toutes les pistes étaient vraiment explorées.
Son avocat, Emmanuel Riglaire, plaide en faveur de la vidéo-surveillance et réclame une extension du champ d'application du plan alerte-enlèvement, qui n'avait pas été lancé dans ce cas-là. « Il est temps de se mettre autour d'une table pour que nos députés réfléchissent à une modification du plan pour que, au minimum, au niveau régional il puisse être déclenché dans une hypothèse élargie », estime-t-il.





