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PORTRAIT

François Vlaminck, « gadjo » chez les Roms

Ici en octobre2007, François Vlaminck assurant une mission de veille sociale auprès des Roms de la métropole lilloise. Photo Ludovic Maillard Ici en octobre2007, François Vlaminck assurant une mission de veille sociale auprès des Roms de la métropole lilloise. Photo Ludovic Maillard

Depuis avril 2007, François Vlaminck est dans les bidonvilles et squats de la métropole lilloise, auprès des familles roms rejetées et stigmatisées. Son quotidien, c'est la gestion d'urgences humanitaires.



MATTHIEU MILLECAMPS
> matthieu.millecamps@nordeclair.fr
La première fois, c'était en avril2007. François Vlaminck, éducateur social, venait de commencer à travailler pour l'Aréas (Association régionale d'étude et d'action sociale auprès des gens du voyage). « Il y avait ce squat, à Lille-Fives, avec une soixantaine de personnes tout juste arrivées de Roumanie. Elles n'avaient pas encore de caravanes. Bien sûr, le squat a rapidement été évacué par la police... » Depuis, de bidonvilles en entrepôts, il assure une mission « d'observation et de veille sociale » auprès des Roms précarisés originaires de Roumanie, Bulgarie et ex-Yougoslavie. Son poste, financé par l'État, consiste à recenser les familles, leurs situations sociales et sanitaires.


Mais François Vlaminck s'est aussi fait une spécialité de la gestion des urgences humanitaires. En relation constante avec le « 115 », surtout en période hivernale, il déniche un jour une place d'hébergement pour une jeune femme sur le point d'accoucher. Le lendemain, ce sont des bénévoles du Secours Populaire qu'il accompagne pour une distribution de denrées alimentaires... Sur le fil, sans cesse, entre son rôle de travailleur social et les attentes des populations.

« Systèmes de survie »
« Un jour, je me suis retrouvé, dans le camp de la rue de Marquillies à Lille, assis sur une chaise au milieu des familles. Tout le monde était là, avec les papiers d'identité. Ils croyaient que je venais les inscrire à quelque chose, un dispositif... ».
Depuis, les familles comprennent mieux le rôle de François Vlaminck, vigie sociale des bidonvilles. « Parfois, aussi, je me fais le messager des bonnes nouvelles, j'accompagne aussi les familles dans leurs démarches ».
Aussi loin de l'angélisme que de la caricature, François Vlaminck dit avoir conscience des problèmes qui traversent les camps « sauvages ». Dans ces bidonvilles vivent encore 220 familles de la métropole lilloise, celles qui n'ont pu entrer dans le dispositif des villages d'insertion.
La mendicité des enfants ? « Évidemment que c'est un problème. Mais l'ampleur est telle que l'on ne peut que répéter, sans cesse, que c'est interdit ». Et s'il évoque aussi la difficile question de la prostitution, c'est pour immédiatement insister sur le fait que ces phénomènes sont loin d'être propres à la culture rom. « Sur 220 familles qui vivent dans une telle précarité, il y a des systèmes de survie qui se mettent en place, pas toujours légaux. Mais il y a aussi beaucoup de familles qui s'écartent de cela, qui ne veulent pas entendre parler de mendicité des enfants », martèle-t-il.
Confronté à ces réalités-là, il espère que des rencontres telles que celle sur la « Tziganie », aujourd'hui à la Gare Saint-Sauveur, « aident à ouvrir un peu l'esprit des gens, à les faire réagir ». À condition, insiste-t-il, de ne « pas réduire les Roms à leur musique et au folklore ! ».
Et si le jeune travailleur social affirme avoir « trop la tête dans le guidon pour avoir beaucoup de recul et réfléchir » , il n'en a pas moins développé un intérêt profond pour la culture de ceux qu'il côtoie au quotidien. Cet été, il a même prévu de partir à leur rencontre, dans les pays de l'Est, pendant trois mois.


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