Quand les étudiants débattent de l'Europe
Publié le mardi 19 mai 2009 à 06h00
Les étudiants de Licence et de Master de Sciences politiques et l'association « Droits pour Tous » organisaient hier un débat à Lille 2 pour comprendre les enjeux de ces élections. Paroles choisies.
« Je suis venu de La Chapelle-d'Armentières pour trouver un bon argument pour décider mes petits-enfants d'aller voter le 7 juin. Moi, je suis un vieux monsieur. J'ai toujours voté pour les élections au Parlement européen. Parce que pour moi, l'Europe, c'est la paix. Mais pour eux c'est différent. Ils n'ont pas connu la guerre alors, s'il vous plaît, donnez-moi un bon argument pour les inciter - et inciter les jeunes de cette salle - à aller voter. » Les invités au débat tentent alors de répondre. Jean-Paul Gauzès (UMP) commence le premier : « Je vais être honnête, je n'arrive à répondre à cette question que par un raisonnement par l'absurde. Que serions-nous sans l'Europe ? Pour aller en Belgique, il faudrait passer à la douane. Il faudrait changer de monnaie... Ce que je vois, c'est qu'en Europe, par rapport au reste du monde, on a un niveau de vie convenable et qu'on a plein d'opportunités, comme aller étudier à l'étranger en Erasmus. Je trouve cela fabuleux. » Olivier Henno (MoDem) enchaîne : « Le monde a changé d'échelle. Les puissances économiques et financières sont supérieures à celles des États. Comment traiter de la question des paradis fiscaux ? Ce n'est vraiment pas à l'échelle nationale qu'on peut le faire. » Le représentant des Verts assure, lui, que la crise économique donne l'opportunité d'« une conversion écologique qui sera créatrice d'emplois. C'est pour cela qu'il faut voter le 7 juin pour donner cette impulsion écologique à l'Europe ».
« Une soirée à s'étriper »
Michelle Demessine (PCF) réclame, elle, « une Europe plus sociale, une Europe du plein emploi ». Quant à Philip Cordery (PS), il « rejette l'Europe de Sarkozy, Barroso et Merkel. Il faut une Europe qui oblige les États à instaurer un salaire minimum. C'est seulement ainsi qu'on pourra éviter les délocalisations. » Alexandre Mirlesse, 23 ans, qui anime le débat, affirme, lui, que ce qui le motive pour aller voter, ce sont ses expériences de voyages en Europe. « Ou encore, une bonne soirée à s'étriper avec des copains sur l'Europe. Ce n'est pas mal non plus. » Vous voyez ce qu'il vous reste à faire...
E.G.





