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Monte-Carlo: Nadal fait la passe de huit, sur les rails vers Roland-Garros

Publié le 22/04/2012 à 00h00

Rafael Nadal a marqué des points en vue de Roland-Garros en s'accaparant son 8e titre de suite au Masters 1000 de Monte-Carlo, mais il ne faudra pas tirer de conclusions trop hâtives de la finale de dimanche, tant Novak Djokovic a été loin de son meilleur niveau.

Monte-Carlo: Nadal fait la passe de huit, sur les rails vers Roland-Garros
Rafael Nadal a marqué des points en vue de Roland-Garros en s'accaparant son 8e titre de suite au Masters 1000 de Monte-Carlo, mais il ne faudra pas tirer de conclusions trop hâtives de la finale de dimanche, tant Novak Djokovic a été loin de son meilleur niveau.

Les deux meilleurs joueurs du monde avaient habitué leur public à des moments tellement magiques, comme la finale de l'Open d'Australie remportée fin janvier par le Serbe devant l'Espagnol après presque six heures d'efforts surhumains, que celle-ci a été décevante.

Mais elle consacre, avec la victoire 6-3, 6-1 de Nadal, un champion absolument exceptionnel. Le N.2 mondial a remporté son 8e titre consécutif à Monte-Carlo. Un record sur le circuit ATP et un chiffre fascinant. Avant lui, personne ne s'y était imposé plus de trois fois.

"Monte-Carlo est le plus beau des Masters 1000 pour moi", a déclaré Nadal, qui paraît invincible sur le Rocher. Cette année, il n'aura perdu que 29 jeux en cinq matches. Il n'y a subi qu'une défaite, en 2003 face à l'Argentin Guillermo Coria, et y reste sur 42 victoires d'affilée.

Le Majorquin est chez lui à Monte-Carlo, où il s'adapte mieux aux conditions souvent très lentes et cette année particulièrement venteuses. Avec le 20e succès de sa carrière dans un Masters 1000, là encore un record, il a mis fin à une disette de dix mois.

Il n'avait plus remporté le moindre titre depuis Roland-Garros 2011. La faute à l'omnipotence depuis 16 mois de Djokovic, sur lequel il avait buté lors de leurs sept derniers affrontements, tous en finale: à Indian Wells, Miami, Madrid, Rome, Wimbledon et l'US Open en 2011, et à l'Open d'Australie cette année.

Sa dernière victoire sur le Serbe remontait au Masters 2010. L'Espagnol a sans doute levé un blocage psychologique. Arrivé dans l'incertitude à Monte-Carlo, après son forfait à Miami fin mars pour une blessure à un genou, le voilà lancé sur les bons rails avant Roland-Garros (27 mai-10 juin).

"C'est très important pour moi de briser la mauvaise (série de revers contre Djokovic)", a-t-il avoué. "Commencer la saison sur terre battue en gagnant ici est une sensation incroyable, d'autant que mon niveau de jeu a été élevé sur les quatre derniers matches."

A Paris, Nadal cherchera à battre le record de Bjorn Borg, en décrochant un septième titre. Djokovic, pour sa part, essaiera de réaliser le Grand Chelem, à cheval sur deux saisons. Dans l'ère Open, seul l'Australien Rod Laver l'a réussi, sur la même année, en 1969.

La pression est donc maintenant sur les épaules de Djokovic, dont la série de 41 victoires d'affilée au début 2011 avait pris fin à Roland-Garros, en demi-finale face à Federer. Le N.1 mondial va devoir se remobiliser pour les tournois de Madrid et Rome.

Mais il serait aussi malvenu d'accorder une signification exagérée à son échec monégasque. Le Serbe a perdu jeudi son grand-père, dont il était très proche. Il a trouvé le courage de continuer à jouer, mais a logiquement payé dimanche cette surcharge émotionnelle.

"Je ne veux rien enlever à la victoire de +Rafa+. Il mérite de gagner aujourd'hui, il était le meilleur. Mais le fait est qu'il ne me restait plus aucune énergie sur le plan émotionnel", a expliqué "Djoko", qui a montré tout au long de la finale d'évidents signes de résignation.

"Dans ces circonstances, je suis juste heureux d'avoir atteint la finale", a-t-il ajouté. "Ca a été une semaine très difficile sur le plan mental. J'essaierai de revenir et de jouer mon meilleur tennis. Je me sens bien sur le court au niveau du jeu. Je dois juste mettre de l'ordre dans ma tête."

Nord Éclair