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Mélenchon veut "reprendre la Bastille" avec une grande marche de la VIe République

Publié le 18/03/2012 à 00h00

Jean-Luc Mélenchon, toujours à la hausse dans les sondages, a prévu de "reprendre la Bastille" dimanche après-midi avec une grande marche pour la VIe République, façon de montrer la force populaire du Front de gauche à cinq semaines du premier tour.

Mélenchon veut
Jean-Luc Mélenchon, toujours à la hausse dans les sondages, a prévu de "reprendre la Bastille" dimanche après-midi avec une grande marche pour la VIe République, façon de montrer la force populaire du Front de gauche à cinq semaines du premier tour.

Le candidat du FG à l'Elysée, actuellement crédité de la meilleure dynamique de campagne (TNS-Sofres), prononcera son discours d'une bonne demi-heure vers 17h00 devant l'Opéra Bastille, après une marche qui se veut festive depuis la place de la Nation, où 30.000 sympathisants sont attendus.

Pour l'eurodéputé, ce dimanche à la Bastille, place symbole de la Révolution française, doit marquer le début de "l'insurrection civique", l'occasion de populariser sa "VIe République sociale, laïque et écologique", lui qui s'imagine en "dernier président de la Ve".

Celui qui retient ses flèches envers François Hollande depuis quelque temps, devrait aussi en profiter pour s'en prendre à Nicolas Sarkozy.

"On est en train de gagner la bataille idéologique" dans cette campagne, veut en tout cas croire son entourage, après les propositions du candidat PS de taxer à 75% les très riches et du président-candidat sur les exilés fiscaux. "Je triomphe!", a même jubilé l'ancien ministre ex-PS.

Alors, le vote utile pour M. Hollande, le FG, qui semble écarter le risque d'un nouveau "21 avril" avec le FN, ne veut pas en entendre parler. Le vote Mélenchon, "c'est le vote utile", affirme ainsi Marie-George Buffet (PCF), car seules les propositions radicales du FG, estime-t-elle, "permettront à la gauche de réussir".

Et puis en 1981, François Mitterrand ("Le Vieux", comme Mélenchon l'appelle affectueusement) l'a emporté sans être en tête au premier tour, rappelle celui qui, avec des sondages deux fois plus hauts qu'à l'automne (désormais à 10-11%), occupe aujourd'hui à lui tout seul l'espace de la gauche radicale.

Semblant séduire nombre de socialistes et écologistes, son entourage le verrait bien dépasser François Bayrou, voire Marine Le Pen. Ce dimanche "va frapper les esprits", pense son conseiller Eric Coquerel alors que, selon Ifop, M. Mélenchon "veut vraiment changer les choses" pour deux tiers des sondés, mais peut aussi être qualifié de "sectaire" (53%).

En tête du cortège qui démarrera à 14h00, l'éléphant en carton des salariés en lutte de Fralib ouvrira la marche, ce 18 mars, date anniversaire du début du soulèvement de la Commune de Paris de 1871. Au programme notamment, concerts dans des camions de La Chanson du dimanche ou de Ridan sur la scène principale.

Des tonnes de matériel ont été livrées sur place à l'aube : ballons rouges, affiches et autocollants "Vite la VIe République". La rue du Faubourg Saint-Antoine par où passera la manifestation, s'est parée de centaines d'affiches - "Prenez le pouvoir", à l'effigie de Jean-Luc Mélenchon -, et pancartes - "Battre la droite et changer la gauche pour changer nos vies".

Parmi les milliers de participants (200 cars et huit trains mobilisés), sont attendus des ouvriers appelés à venir en tenue de travail (de Pétroplus, M-Real ou ArcelorMittal), et des sympathisants de Grèce, Venezuela ou Palestine. Le syndicat Solidaires sera aussi présent à un point fixe le long du cortège.

Sur le XIe arrondissement, le ciel était plutôt maussade dimanche matin, avec des averses prévues. Pas de quoi, toutefois, gâcher la fête car, souligne Eric Coquerel, le 10 mai 1981, jour de la victoire de Mitterrand, "la pluie n'a pas empêché le rassemblement populaire!"

Le FG poursuivra les meetings en plein air début avril à Toulouse et Marseille avec M. Mélenchon, et même sans lui dans d'autres villes. Une formule moins coûteuse que la location de salles et qui permet de réunir davantage de monde pour consacrer un des slogans du candidat : "Place au peuple!".

Nord Éclair