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Israël : sur la sellette, Netanyahu appelle au "calme"

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est efforcé de minimiser la grave crise qui perdure avec les Etats-Unis mais sans parvenir à apaiser la colère de Washington qui a qualifié dimanche d'"insulte" sa politique de colonisation à Jérusalem-est.


La presse israélienne s'est alarmée dimanche de la "crise ouverte" avec Washington, au vu des vives réactions américaines à l'annonce, durant la récente visite du vice-président Joe Biden, d'un nouveau projet de colonisation à Jérusalem-est.

Cette annonce --la construction de 1.600 logements juifs à Jérusalem-est, un secteur à majorité arabe annexé en 1967-- a été ressentie comme une "humiliation" par le principal allié d'Israël, en pleine visite de M. Biden.

Elle a exaspéré les Palestiniens et suscité les condamnations de la communauté internationale qui ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-est.

"A la lecture des journaux, je propose qu'on ne se laisse pas emporter et qu'on se calme. Nous savons traiter ce genre de situations avec sang-froid", a déclaré dimanche M. Netanyahu, au début de la réunion hebdomadaire du cabinet.

"Il s'agit d'une erreur regrettable mais non intentionnelle, qui ne doit pas se reproduire", a-t-il reconnu, après avoir mis en place une commission administrative chargée d'enquêter sur les ratés de la visite de M. Biden.

Selon son entourage, M. Netanyahu a été "surpris" de la vive réaction des Etats-Unis.

Enfonçant le clou, l'administration américaine a renouvelé ses critiques dimanche, répétant que l'annonce du projet immobilier de Jérusalem-Est avait été ressentie comme une "insulte" par les Etats-Unis et la qualifiant de "destructrice" pour le processus de paix au Proche-Orient.

"Cela a sapé la très fragile tentative d'amener la paix", a jugé le principal conseiller de Barack Obama, David Axelrod, sur CNN.

Pour les analystes et éditorialistes israéliens, "la crise longtemps attendue entre Israël et les Etats-Unis depuis que Benjamin Netanyahu a pris ses fonctions (le 1er avril 2009) a finalement éclaté".

Selon eux, M. Netanyahu a voulu jouer au plus fin entre l'aile droite de sa coalition, attachée à la colonisation, et les Etats-Unis, qui veulent une relance du processus de paix, mais il a échoué pitoyablement.

"Il s'agit d'une crise très sérieuse. Durant sa première année au pouvoir, Netanyahu a très finement manoeuvré, comme un funambule sur son fil. Mais cette fois, il est tombé", estime Alon Liel, un ex-directeur des Affaires étrangères.

"Le moment de vérité est arrivé. Netanyahu doit décider s'il est sérieux et s'il veut répondre honnêtement aux demandes américaines et internationales", dit-il à l'AFP.

M. Netanyahu "va devoir choisir entre, d'une part ses convictions idéologiques ainsi que son alliance avec la droite, et de l'autre la nécessité de garder le soutien des Etats-Unis", a renchéri le quotidien Haaretz (gauche). Un soutien d'autant plus nécessaire qu'Israël compte sur Washington pour stopper le programme nucléaire iranien.

Vendredi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait, lors d'un entretien téléphonique de près d'une heure avec M. Netanyahu, employé des mots très durs pour condamner l'attitude israélienne jugée "profondément négative" envers Washington.

Pour tenter de calmer le jeu, le Premier ministre a exprimé ses regrets mais uniquement sur le moment choisi pour annoncer ce projet de colonisation. Il n'est pas revenu sur sa politique de colonisation.

Il a contacté samedi ses alliés européens les plus proches, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, les assurant qu'il n'y avait pas "d'accélération de la colonisation".

Le "monde comprend que les quartiers juifs (de Jérusalem-est) continueront à faire partie intégrante d'Israël" dans tout accord de paix futur, a plaidé M. Netanyahu.


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