L'Iran a lancé le processus d'enrichissement d'uranium à 20%
Publié le mardi 09 février 2010 à 06h29 - TEHERAN (AFP)© 2010 AFP
L'Iran a lancé mardi le processus d'enrichissement d'uranium à 20% sur le site de Natanz (centre) sous la supervision d'inspecteurs de l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a rapporté la télévision officielle iranienne en langue arabe Al-Alam.
"L'Iran a commencé à enrichir de l'uranium jusqu'à un niveau de 20% en présence d'inspecteurs de l'AIEA à Natanz", a déclaré Al-Alam en citant "une source de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique".
Le lancement du processus d'enrichissement d'uranium à 20% avait été annoncé dimanche par les dirigeants iraniens et notifié lundi à l'AIEA.
Cette décision a été prise, selon Téhéran, en raison du blocage des discussions avec le groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) sur la fourniture à l'Iran du combustible enrichi à 20% dont il dit avoir besoin pour un réacteur de recherche médicale.
L'annonce de l'Iran a suscité un tollé dans la communauté internationale, notamment parmi les grandes puissances qui soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil en dépit de ses dénégations répétées.
Les dirigeants iraniens ont toutefois déclaré à plusieurs reprises depuis dimanche que "la porte demeure ouverte" pour un échange d'uranium avec les grandes puissances, appelées à "passer de la confrontation à la coopération" avec l'Iran.
"Nous sommes toujours prêts à un échange si nos demandes sont prises en compte", a réaffirmé mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast. "La porte n'est pas fermée, si (les grandes puissances) sont prêtes, cela peut se faire n'importe quand", a-t-il dit.
"Si d'autres pays ou l'AIEA peuvent répondre à nos besoins, nous pourrions changer notre approche", a-t-il ajouté.
L'Iran a rejeté en novembre une proposition des Six sur l'envoi, en une seule livraison, de la plus grande partie de son stock d'uranium faiblement enrichi en Russie et en France pour y être transformé en combustible pour le réacteur de Téhéran.
En retour, Téhéran leur avait donné jusqu'à fin janvier pour accepter de lui livrer du combustible à ses conditions: un échange simultané et par petites quantités successives. Faute de quoi, l'Iran commencerait à produire lui-même cet uranium.
La décision de Téhéran de lancer la production d'uranium hautement enrichi, qualifiée de "provocation" par Washington, a déclenché un concert de condamnations et de menaces internationales, tandis que le chef de l'AIEA Yukiya Amano s'est dit "inquiet".
Le président français Nicolas Sarkozy et le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, en visite à Paris, sont notamment "convenus que le temps était à l'adoption de sanctions fortes, dans l'espoir d'une reprise du dialogue" avec Téhéran sur son programme nucléaire.





