France-Monde

Débat télévisé : ces petites phrases qui ont marqué les esprits

Publié le 01/05/2012 à 00h00

Depuis 1974, les candidats du second tour se sont affrontés à cinq reprises devant les caméras. De ces confrontations, resteront surtout quelques formules devenues « cultes ». Avant le débat Hollande-Sarkozy de ce mercredi soir, retour sur ces petites phrases qui ont marqué les esprits.

Débat télévisé : ces petites phrases qui ont marqué les esprits
Depuis 1974, les candidats du second tour se sont affrontés à cinq reprises devant les caméras. De ces confrontations, resteront surtout quelques formules devenues « cultes ». Avant le débat Hollande-Sarkozy de ce mercredi soir, retour sur ces petites phrases qui ont marqué les esprits.

En 1974, François Mitterrand, candidat unique de la gauche, se retrouve face à Valéry Giscard d'Estaing, dynamique ministre des finances prétendant incarner la modernité. Ce dernier enchaîne les tirades percutantes : « Vous êtes l'homme du passé » et, surtout, le célèbre « vous n'avez pas le monopole du cœur ». Plus allusifs, mais visant à déstabiliser l'adversaire, quelques mots au détour d'une phrase qui semblent anodins à propos de Clermont-Ferrand : « Une ville qui vous connaît bien ». En effet, cette commune est celle d'Anne Pingeot, la mère de Mazarine
1981, Giscard-Mitterrand, acte II. Cette fois, c'est le leader socialiste qui terrasse son adversaire, devenu « l'homme du passif ». Lorsque le président sortant tente de prendre l'ascendant, le candidat socialiste lui rétorque sèchement : « Vous n'êtes pas mon professeur et je ne suis pas votre élève. » Mitterrand déstabilise aussi son adversaire par le biais de l' « affaire des diamants », en dénonçant les relations entre la France et la République centrafricaine de Bokassa.
Un François Mitterrand qui sera tout aussi magistral un septennat plus tard, en 1988, face à son Premier ministre de cohabitation Jacques Chirac. Le président de RPR tente quelques effets, demandant au chef de l'Etat de lui répondre « en le regardant dans les yeux », qui tombent à plat. François Mitterrand, toujours un ton au-dessus, le foudroie régulièrement sur place, comme lorsqu'il lui assène : « En tant que Premier ministre, vous avez de réelles qualités, qui ne sont pas celles de l'impartialité, ni du sens de la justice dans la conduite de l'Etat », finissant sa phrase en le fixant droit dans les yeux !
En 1995, le duel Chirac-Jospin se déroule sans grande intensité, avec tout de même quelques piques : « Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac », plaisante le leader socialiste ; « Ne me dites pas, chaque fois que je prononce le mot communiste, « force de progrès ». Parce que « communisme » et « force de progrès », je trouve que c'est un peu excessif comme appréciation », moque le futur vainqueur.
En 2002, le rendez-vous traditionnel a été annulé en raison du refus de Jacques Chirac de rencontrer Jean-Marie Le Pen. Du débat Sarkozy-Royal de 2007, on retiendra surtout « la colère saine » de la candidate socialiste et, à l'inverse, les efforts démesurés du leader de droite pour apparaître le plus calme possible. Pour l'édition 2012, quelle est la petite phrase qui restera dans les mémoires ? Une réplique ironique de François Hollande ou une sentence brutale de Nicolas Sarkozy ?

Martin Leprince

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