L'année 2010 sera charnière dans la réforme du système de retraites «à la française». Tandis que Nicolas Sarkozy a annoncé que cette question sera au centre d'une réunion sur «l'agenda social», qui doit se tenir le 15 février, à gauche, le PS se dit prêt à un éventuel recul de l'âge du départ en retraite. Le point sur le débat dans notre dossier.
La loi réformant les retraites, qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ, a été promulguée par le président français Nicolas Sarkozy et publiée mercredi au Journal Officiel, après avoir été validée mardi par le Conseil constitutionnel.
Il est incontestable que les rassemblements contre la réforme des retraites qui se sont tenus hier sont largement inférieurs aux manifestations précédentes.
Certes, ils étaient moitié moins que le 19 octobre dernier dans les rues de Lens. Pour autant, les manifestants ont prouvé au gouvernement qu'ils ont de l'endurance et qu'ils ne sont pas près d'abandonner la lutte en cours de route.
Contraints, jeudi dernier, de lever le piquet de grève qu'ils avaient mis en place à l'entrée du chantier du Louvre, les syndicalistes CGT-Construction n'ont pourtant pas dit leur dernier mot.
Entre 20 et 44 000 Nordistes ont manifesté hier, dont 4 400 à Lille selon les autorités et 10 000 selon les syndicats. Qui restent fermes : « Le gouvernement n'a pas gagné la guerre.
Malgré les vacances et l'imminence du vote du texte sur les retraites au Parlement, les opposants à cette réforme se sont de nouveau mobilisés hier, avec des rassemblements et des blocages.
Le Sénat a adopté mardi la version définitive du projet de loi de réforme des retraites par 177 voix contre 151, lors d'un vote solennel après trois semaines de débats marqués par une rude opposition de la gauche.
Les sept députés et sept sénateurs réunis à huis clos, lundi au Sénat, en commission mixte paritaire (CMP) pour élaborer un texte de compromis sur la réforme des retraites sont parvenus à un accord, ont-ils annoncé en fin de matinée.
Les difficultés se prolongeaient lundi dans les stations-services, une sur trois rencontrant des problèmes d'approvisionnement, principalement dans l'Ouest et la région parisienne, après un dimanche où elles n'ont pas été livrées et où les automobilistes se sont rués aux pompes.
Les difficultés d'approvisionnement persistaient lundi dans les stations-services, principalement dans l'Ouest et la région parisienne, et devraient se prolonger plusieurs jours en dépit du déblocage de plusieurs dépôts et de la fin de la grève dans trois raffineries.
Après une semaine chargée sur le terrain des blocages, celle qui s'ouvre s'annonce plus calme. Les syndicats préfèrent se concentrer sur les manifestations de jeudi.
Les syndicats Sud et CNT ont bloqué ce matin le dépôt de bus Transpole de Sequedin. Leurs collègues de la CGT et de la CFDT, de leur côté, ont retardé le départ de plusieurs TGV en gare de Lille-Europe.
Ancien secrétaire régional de la CFDT, Jean-Marie Toulisse enseigne les ressources humaines en université. Spécialisation: «négociations sociales». En 2003, il a travaillé sur la réforme des retraites, qu'il espérait aujourd'hui «adaptable» à chacun. Les plus jeunes le préoccupent particulièrement.
PROPOS RECUEILLIS PAR BÉRANGÈRE BARRET ET CÉLINE DEBETTE > region@nordeclair.fr Ils sont entrés en force dans le mouvement contre la réforme des retraites le 14 octobre.
Vendredi matin, devant le MIN de Lomme, c'est un peu « la France qui se lève tôt » face à « la France qui grève tôt », l'envie de faire son boulot ou de défendre sa retraite. Avec une question, partagée : combien tout ça va coûter, au final ?
Depuis une semaine les entreprises doivent composer avec le mouvement social. Une situation de désorganisation généralisée qui pourrait peser sur les bilans financiers dans les semaines à venir.
La menace plane d'une nouvelle dégradation de la pénurie de carburants liée au conflit sur la réforme des retraites alors qu'un quart des stations-service françaises, surtout dans l'Ouest, connaît toujours des difficultés d'approvisionnement.
À l'instar de la journée d'hier, marquée par des blocages tous azimuts, la matinée d'aujourd'hui doit être perturbée par des opérations escargot et le blocus du MIN de Lomme.
Ils ont été de toutes les manifs contre la réforme des retraites. Charles est délégué de classe, Sarah éclaireuse de France.
Ce n'est pas une fable de La Fontaine, mais un résumé de la mobilisation lycéenne d'hier. Une à deux centaines de « manifestants » ont passé la journée à tenter d'échapper au dispositif policier, pour que certains puissent dévaster à loisir.
Après le rejet des propositions flamandes dimanche, Francis Delpérée, professeur de droit constitutionnel et sénateur centriste, est inquiet mais espère une reprise des négociations.
Hier encore, 18 individus ont été interpellés par les forces de l'ordre à Lens. Par ailleurs, 4 jeunes seront déférés ce matin devant le parquet de Béthune pour détention d'engins incendiaires et 2 autres pour violences diverses.
Le 18 octobre, des manifestations lycéennes se déroulent à Tourcoing et parfois des actes de violence s'y produisent. Une pierre a frappé le commissaire central.
Ils étaient 3 500 selon les syndicats, 2 700 selon les policiers. Quoi qu'il en soit, les manifestants n'ont jamais été aussi nombreux dans les rues de Lens depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.
Pierre Mathiot est directeur de Sciences Po Lille. Pour lui, ce qui caractérise le mouvement social actuel, et qui le rend particulièrement difficile à analyser, est son caractère protéiforme. Et la fermeté affichée du gouvernement rend la situation encore plus indécise.
La réforme des retraites ? Ils en sont « directement concernés ». Hier, une centaine de lycéens de la cité scolaire Émile-Zola a rejoint le mouvement en bloquant l'établissement et en défilant jusqu'en mairie.
Une centaine de cheminots bloquent actuellement les voies à l'entrée de la gare Lille-Flandres pour protester contre la réforme des retraites.
Avec le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de la retraite, l'assurance chômage risque de devoir prendre en charge un nombre croissant de seniors sans emploi.
PROPOS RECUEILLIS PAR BÉRANGÈRE BARRET > berangere.barret@nordeclair.fr Jean-Marie Toulisse fut le négociateur en 2003 de la réforme des retraites pour la CFDT.
Il faudra travailler plus longtemps pour toucher sa retraite, a tranché le gouvernement hier sans préciser sa méthode, qui sera « progressive », mais en prévoyant de créer une contribution sur les hauts revenus et revenus du capital pour mettre de l'huile dans les rouages.
La concertation sur les retraites est lancée. Le calendrier est fixé : dossier bouclé pour l'été, débat parlementaire à la rentrée, finalisation à fin 2010.
Les partisans du recul de l'âge légal minimal de départ à la retraite, aujourd'hui fixé à 60 ans, mettent en avant les gains financiers d'une telle mesure pour soulager le système de retraite, tandis que ses détracteurs jugent qu'elle aggraverait le chômage des seniors.
L'espérance de vie en France, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, a progressé de deux mois en 2009, une donnée qui prend un relief tout particulier en cette année de réforme annoncée des retraites et de la prise en charge de la dépendance.
La direction du PS a affiché sa volonté d'un compromis avec le gouvernement sur l'épineux dossier des retraites en levant le tabou de l'âge plancher de 60 ans, au grand déplaisir de son aile gauche, qui reste rétive.

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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...