Mais les Français doivent se poser la bonne question : qui est celui qui peut porter réellement le changement, et quel est le candidat de la victoire ? Il n'y a qu'une seule réponse : François Hollande, et c'est son score au 1e tour qui va compter pour battre Nicolas Sarkozy.
Mélenchon ne « changerait pas » la France ?
Dans une situation aussi complexe et dans un pays qui traverse une crise aussi grave, il faut de l'indignation, mais aussi un cap, et des propositions crédibles pour changer la situation économique et sociale. Cela ne peut pas être l'addition de quelques mesures, aussi plaisantes soient-elles. On peut apprécier le côté romantique des discours de Jean-Luc Mélenchon, mais pour moi cela ne fait pas un programme.
Pourtant vous allez devoir convaincre ses électeurs ...
Il faut bien réfléchir avant de voter et cela, dès le premier tour ! Quant au second tour, Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé qu'il voterait pour le candidat de gauche le mieux placé.
Où sont les convergences possibles alors que le Front de gauche fait de l'augmentation du SMIC à 1 700 euros un préalable non-négociable ?
Mélenchon est un candidat de gauche et un républicain. C'est l'essentiel. Mais tout n'est pas possible maintenant.
Vous n'intégrerez rien de ses propositions dans une éventuelle plate-forme de second tour ?
François Hollande a présenté un projet à notre pays, auquel nous avons travaillé pendant trois ans. La porte est ouverte à ceux qui le partagent et sont prêts à le mettre en place au gouvernement. Entre le premier et le second tour, il n'y aura pas discussions de coin de table. Ce n'est pas l'esprit de la présidentielle. L'esprit c'est de créer les conditions d'une dynamique de la gauche et au-delà, qui se prolongera pour les législatives.
Comment convaincre l'électorat Mélenchon et celui de François Bayrou de se rallier ?
En écoutant le message des électeurs au premier tour mais en gardant la cohérence et la force du projet. Il s'adresse à toute la gauche mais aussi, j'en suis convaincue, aux humanistes et aux démocrates. Chacun aura à prendre position. Il appartiendra à Bayrou de se déterminer. Mais je ne suis pas sûre qu'il dise quoi que ce soit...
L'accord programmatique avec EELV est-il obsolète, François Hollande affirmant que c'est son programme qu'il appliquerait ?
Relisez cet accord, vous verrez qu'il est totalement cohérent avec le projet de François Hollande ! Sur le nucléaire effectivement, nous avons affiché un désaccord sur l'EPR de Flamanville, et, au-delà de Fessenheim que nous sommes d'accord pour fermer, il faudra discuter des modalités concrètes de la réduction de 50 % de la part du nucléaire dans la production d'électricité que défend François Hollande.
L'accord électoral pour les législatives ne risque-t-il pas d'être entamé par le faible score prévisible d'Éva Joly ?
Il y aura peut-être des dissidences, mais peu nombreuses. Dans les circonscriptions réservées à nos partenaires, s'il y a des dissidents, ils seront exclus et ne seront pas réintégrés. J'ai mis ma signature au bas d'un contrat avec nos partenaires, je le ferai respecter. La présidentielle n'est pas favorable à EELV mais ils représentent une sensibilité importante. En attendant de mettre en uvre la proportionnelle, il faut lui donner toute sa place, comme à nos autres partenaires.
Les sondages de second tour sont favorables à Hollande. L'élection est « pliée » ?
La bataille n'est jamais gagnée d'avance. Nous allons partout à la rencontre des Français, pour leur dire clairement nos propositions. Nous disons à ceux qui doutent, qui se sentent humiliés, qui sont excédés par les petites phrases, que l'abstention n'a jamais été une solution. Cette élection est majeure dans la crise économique, sociale et morale que nous traversons. Va-t-on retrouver de l'air pur, respirer à nouveau, se rassembler ? Ou va-t-on continuer à s'enfoncer dans la crise, la division ?