Il voulait leur téléphone portable, mais n'a jamais réussi son coup...
En revanche, il a parfaitement réussi à traumatiser ses victimes. Une des trois est présente à l'audience, hier, et n'ose même pas prendre la parole tant elle tremble comme une feuille.
Comme deux autres jeunes filles, elle a été agressée par Houssein Aden Egueh, un Djiboutien de 41 ans, dans la station de métro « Porte de Valenciennes », à Lille. L'homme a été filmé par les bandes de la vidéosurveillance, dimanche midi puis mardi après-midi, en train de s'approcher de ces étudiantes et de tenter de leur voler leur téléphone portable.
Une fois, il exhibe même une seringue qu'il brandit sous le nez de sa victime. « File-moi ton portable ou je te plante ! J'ai le sida ! » , lui assène-t-il. Depuis ce jour, la jeune femme n'arrive plus à trouver le sommeil...
Devant les juges, Houssein, qui semble-t-il voulait trouver des ressources pour s'acheter de l'héroïne, est poli et bat sa coulpe. « Je me rends compte que c'est traumatisant ce que j'ai fait. Je n'aimerais pas qu'on fasse ça à mes soeurs », reconnaît-il, avant de tenter quand même de minimiser. « La seringue, c'était juste pour leur faire peur ! D'ailleurs, je ne suis pas un vrai voleur : à chaque fois, je me suis enfui ! » Car à chaque fois, il a été dérangé par un tiers ou effrayé par les cris de sa victime.
Pas de quoi émouvoir le parquet qui rappelle que l'individu a déjà écopé en 2010 d'une peine de quatre ans dont deux avec sursis. « Il adopte un comportement de lâche en s'attaquant à des proies jugées faibles », dénonce la substitute du procureur Perrine Debeir, qui réclame un an de prison ferme.
En défense, Me Daphnée Weppes tente l'impossible en notant que Houssein était « en manque », qu'il a « des regrets profonds » et qu'on peut encore lui éviter la prison. En vain : le tribunal suit à la lettre les réquisitions.w
B.R.