Justice

Un trio de dealers présumés

Publié le 18/09/2012 à 00h00

Le 13 septembre, aux alentours de la rue André Gide à Lille, les policiers « tombent » sur un type de réseau à la mode actuellement.

Un trio de dealers présumés
Le 13 septembre, aux alentours de la rue André Gide à Lille, les policiers « tombent » sur un type de réseau à la mode actuellement.


Avec refuge dans les étages.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
D'abord, un guetteur : Kevin M., 18 ans, jamais condamné. Défendu hier par Me Pierre Slomiany, il admet son rôle mais refuse de balancer le commanditaire, celui de qui il recevait des ordres. Car tout cela était bien organisé : il existait une rotation pour le guetteur comme pour le dealer de base. Kevin T., 18 ans aussi, avoue tout également et refuse de dénoncer le commanditaire. Dans les étages de la tour, il existait un appartement refuge servant aussi de lieu de stockage. 480 gr d'héroïne, 178 g de produits de coupage, 44 gr de cocaïne ont été saisis par les policiers.


De l'utilité
du casier judiciaire vierge

Plusieurs dizaines de toxicomanes ont été interrogés et tous attestent de l'ampleur du trafic. Me Chérifa Benmouffok, qui défend Kévin T., insiste sur ce point : « On trouve des quinquagénaires, des gens bien établis, des pères de famille, des dames au-dessus de tout soupçon. Bref, des personnes qui, socialement, ont les moyens de ne pas prendre de risques elles-mêmes. Mais qui s'adressent sans problème à un jeune désargenté de 18 ans ».
Kevin T. a passé une saison comme non-professionnel dans un club de foot de l'agglomération et avait subi des tests à Grenoble. À l'étage au dessus, chez Sofiane B., 25 ans, c'est du plus sérieux : déjà condamné à plusieurs reprises pour stupéfiants et possesseur, chez lui, de 66 680 euros en petites coupures. C'est beaucoup. L'homme dépourvu de compte bancaire entretient par ailleurs un rapport très distant avec le monde du travail. Est-ce lui qui donnait les instructions ? Les deux autres prévenus dans le box se taisent.
Les trois prévenus préfèrent ne pas être jugés sur le champ. La procureure Marianne Defretin demande l'incarcération provisoire du dealer présumé et du commanditaire supposé. Me Chérifa Benmouffok et Me Ludovic Baron se battront en vain pour que leurs clients respectifs soient remis en liberté sous contrôle judiciaire. Mais seul le guetteur retrouve la liberté : « Avoir un casier judiciaire vierge, il faut bien que ça serve à quelque chose ! » commente la présidente Nourith Reliquet.w

Nord Éclair